Siné débouté de son action contre Claude Askolovitch

JUSTICE Le caricaturiste accusait le journaliste de diffamation...

Avec agence

— 

Le dessinateur Siné, poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après avoir ironisé dans Charlie Hebdo sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Lyon.
Le dessinateur Siné, poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après avoir ironisé dans Charlie Hebdo sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Lyon. — Philippe Merle AFP/Archives

La seconde affaire Siné est close. Une semaine après avoir été relaxé par le tribunal correctionnel de Lyon, poursuivi par la Licra pour antisémitisme, le dessinateur avait de nouveau rendez-vous au tribunal, mardi, pour l’action qu’il avait intentée en diffamation contre le journaliste du «Nouvel Observateur» Claude Askolovitch. Celui-ci s'en était pris à Siné, dénonçant dans une chronique sur RTL «un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas».

«Je me trouve associé à Le Pen»
 
Mais la justice n’a pas suivi le dessinateur, débouté mardi par le tribunal correctionnel de Paris. «Sans méconnaître le caractère imprudent» des propos litigieux, «ni l'opprobre public auquel (Siné) a été confronté à partir de la diffusion de l'émission» sur RTL, la 17e chambre a relaxé le journaliste, estimant que les propos poursuivis n'étaient pas diffamatoires, mais «participaient au débat d'idées, consubstantiel à toute société démocratique».
 
A l'audience du 20 janvier, Siné s'était dit profondément blessé par les accusations de Claude Askolovitch. Aujourd'hui, «je me trouve associé à Le Pen, Faurisson, à des gens que je hais», avait-il déploré, faisant état de menaces à son encontre. Regrettant une «banalisation du terme», son avocat, Me Dominique Tricaud a jugé «grave» qu'on puisse aujourd'hui «traiter tout le monde d'antisémite, sans se faire condamner». De son côté, l'un des conseils de Claude Askolovitch, Me Patrick Klugman, s’est réjouit que le tribunal ait «consacré la liberté absolue de dénoncer des propos abjects» quand «on est polémiste».