La pub sur Google News alarme les éditeurs de presse en ligne

MEDIAS Ils aimeraient partager le butin avec Google, qui ne le veut pas...

AA

— 

Le moteur de recherche américain a annoncé lundi le lancement de services pour téléphones portables qui permettront l'accès à de nombreuses informations en toute mobilité, via l'internet.
Le moteur de recherche américain a annoncé lundi le lancement de services pour téléphones portables qui permettront l'accès à de nombreuses informations en toute mobilité, via l'internet. — Nicholas Kamm AFP/Archives

Ce n’est pas la première fois que Google fait trembler les éditeurs de presse. La dernière idée du géant américain, qui a introduit cette semaine des publicités dans sa section «Actualités» (Google News), pourrait porter un coup aux revenus publicitaires des médias, déjà en berne.
 
«Ce que cela signifie, c'est que quand vous entrerez une recherche comme iPhone ou Kindle dans la boîte de recherche Google News, vous verrez des publicités à côté des résultats de recherche, de la même façon que vous en voyez sur les recherches habituelles sur Google», a expliqué Josh Cohen, le patron de Google News.

Recherche publicités  

Pour l’instant, la nouveauté n’apparaît que sur les ordinateurs connectés depuis les Etats-Unis, en version test. Et pour la France? «Il est encore trop tôt pour le dire», répond Google France, qui précise qu'il faudra d'abord voir ce que donne le test américain avant de le lancer ici.
 
Tandis que le «New York Times» a vu son bénéfice fondre de 48% au quatrième trimestre 2008 en raison d'une chute des revenus publicitaires qui a gagné le Web, les éditeurs de sites Web d’infos s’alarment de devoir être en concurrence frontale sur la publicité en ligne. D’autant que, sur un marché en crise, la prime au leader (Google) est très forte pour la pub. Comprendre: les marques préfèrent miser sur un support à forte audience plutôt que sur un site Web plus confidentiel.
 
Partage et trafic

La plupart des éditeurs de presse en ligne veulent donc, aux Etats-Unis comme en France, une part des revenus générés par les pubs sur Google News, puisqu’ils fournissent le contenu qui y est indexé. «Nous ne sommes pas opposés à ce que le moteur de recherche intègre de la publicité sur Google News, indique Philippe Jannet, président du Groupement des éditeurs en ligne (Geste). Mais à condition qu'il y ait une répartition du chiffre d'affaires généré avec les journaux. Car ce service n'existerait pas si nos articles n'y étaient pas présents.» Ce à quoi le moteur de recherche rétorque que «ce que l'on monétise, c'est le service, pas le contenu». Et de rappeler que Google est utile aux sites Web d'infos français dans la mesure où leur référencement dans Google News leur apporte entre 10% et 20% de leur trafic.
 
«Nous sommes capables d'envoyer du trafic sur les sites de presse et les journaux peuvent ensuite monétiser ce trafic, avait déjà expliqué Eric Schmidt, président français de Google. Cela leur permet de générer du chiffre d'affaires. Le problème est que cela ne suffit pas à compenser le déclin des autres revenus de la presse». La situation, critique, des journaux américains, l’a montré. Celle des journaux français n’est pas mieux mais à l’issue des Etats généraux de la presse, l'Etat a décidé d’injecter une haute dose d’euros pour sauver le secteur. C’est-à-dire 200 millions d'euros par an pendant trois ans - hors coût des mesures sur l'imprimerie. 600 millions en tout. Un plan de relance qui n'est pas assorti de conditions.