Vivendi porte plainte contre France Télécom qui se dit victime de harcèlement juridique

MEDIAS Un nouvel épisode dans la saga qui oppose Canal+ et Orange. Désormais, ce sont les groupes qui se tirent dans les pattes...

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Le parquet de Paris a requis un non-lieu général dans l'enquête sur des malversations présumées au sein de Vivendi Universal, dans laquelle Jean-Marie Messier est mis en examen, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier, confirmant une information du Figaro.
Le parquet de Paris a requis un non-lieu général dans l'enquête sur des malversations présumées au sein de Vivendi Universal, dans laquelle Jean-Marie Messier est mis en examen, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier, confirmant une information du Figaro. — Patrick Hertzog AFP/Archives

Le conflit Canal+/Orange prend de la hauteur. Maintenant, ce sont les groupes de ces deux marques qui s’en mêlent. Le groupe Vivendi, qui détient Canal+ et l'opérateur SFR, a ainsi annoncé lundi qu'il allait déposer plainte auprès de la Commission européenne contre France Télécom (qui détient Orange) pour «abus de position dominante».
 
La plainte se fera sur deux motifs: sur les tarifs d'abonnement et l'accès au réseau. «Nous estimons qu'il y a abus de position dominante de France Télécom, avec les tarifs pratiqués en matière d'abonnement et d'accès à la boucle locale, ce que l'on appelle aussi le dégroupage», a expliqué le président du directoire de Vivendi, Jean-Bernard Lévy. Explications: pour offrir des abonnements Internet à leurs clients, les opérateurs comme SFR et Bouygues doivent emprunter le réseau de l'opérateur historique, France Télécom.
 
Combat de titans

Or, d'après les comptes publiés début janvier par France Télécom, une ligne en dégroupage total lui a coûté 6,77 euros par mois en 2007, alors qu'il la facture 9,29 euros hors taxes aux opérateurs. «Par ses tarifs abusifs, France Télécom entrave le développement des concurrents d’Orange sur le marché du haut-débit, au détriment des consommateurs», assène encore Lévy dans «Le Figaro».
 
Interrogé par 20minutes.fr, France Télécom justifie ces prix par le fait qu'il prend en charge la maintenance des lignes, le service après-vente et les coûts commerciaux: «Si une ligne de dégroupage est cassée, ce ne sont pas les salariés de Free avec leur petite pelle qui vont la réparer. C'est bien France Télécom qui s'occupe de la remettre en état.»
 
Série noire


Reste que cette plainte constitue un nouvel épisode de la saga médiatique qui dure depuis qu'Orange s’est mis sur les créneaux fétiches de Canal, le foot et le ciné. Les filiales de Vivendi, Canal+ et SFR, ont déjà déposé plainte auprès de l'Autorité de la concurrence pour dénoncer l'obligation de souscrire à l'offre «triple-play» d'Orange (télévision, Internet, téléphone) pour s'abonner aux chaînes payantes de cinéma et de sport proposées par Orange. France Télécom a surenchéri en portant à son tour plainte, devant l'Autorité de la concurrence, contre Canal+ pour «abus de position dominante» et «dénigrement».

Pour Orange, Vivendi bloque le marché en considérant que «la concurrence se joue dans les prétoires». C'est «un volet de plus dans cet harcèlement juridique mais on reste serein».