« Une guerre à boulets rouges »

Recueilli par Alice Coffin

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Jonathan Lambert, Alexandre Debanne... Ce mois-ci, Virgin 17 met à l'antenne un nouvel animateur par semaine. Que se passe-t-il ?

La précédente direction de la chaîne, pour des raisons qui lui incombent, n'avait pas choisi des formats d'émissions susceptibles d'être présentées par des animateurs. Il y avait surtout des séries et des clips. Depuis septembre, notre volonté est de nous diversifier, de construire une grille avec des rendez-vous fixes.

Quitte à fâcher l'industrie musicale, qui vous reproche de ne pas respecter vos obligations de diffusions...

Elle a des syndicats très organisés pour défendre son pré carré. Mais on se tient à notre convention, qui nous impose 75 % de contenus musicaux. Néanmoins, mon travail, c'est quand même d'assurer de l'audience à Virgin 17 et aux autres chaînes du groupe Lagardère, pour obtenir des revenus publicitaires. Or, en la matière, les clips et la musique ne sont pas le genre roi. Et en ce moment, il faut savoir se battre.

Pourquoi ?

Entre les chaînes de la TNT, c'est une guerre à boulets rouges, une compétition très violente. L'enjeu est d'exister pour le téléspectateur. Il nous faut donc des programmes plus larges que ceux qui plaisent aux grands ados. On s'oriente vers un public plus mature. Et on le fait savoir en ce moment, avec une campagne de pub, car cette guerre à couteaux tirés passe aussi par une bagarre de la communication. On met toutes nos forces dans la bataille.

On peut craindre des morts ?

En tout cas, dans cinq ans, on y verra plus clair. On est en train d'écrire l'histoire. La période est équivalente à celle qui a, en quelques années, vu la création de Canal+, la privatisation de TF1, la naissance et la mort de la Cinq. Les chaînes de la TNT sont encore hybrides. Mais elles se rapprochent des généralistes. Celles qui resteront dans une logique de spécificités, de niches, n'y arriveront pas. ■