« America's most Wanted », ou la télé comme annexe du FBI

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« Dans la liturgie américaine du crime, "America's Most Wanted" est une messe », explique l'enquête « Wanted, recherché mort ou vif », diffusée ce soir à 22 h 10 sur France 2. Olivier Pighetti y décrypte le système criminel américain, fondé sur l'appel à la dénonciation populaire, désormais relayé par la télé. En la matière, l'émission de la Fox excelle depuis 1988. Son présentateur, John Walsh, y encourage le téléspectateur à l'aider à résoudre des affaires en cours. Avec succès. Tant en termes de captures que d'audience. Logiquement, « America's Most Wanted » a fait des émules : presque toutes les villes américaines ont leur émission d'appel à dénonciation.

Si, aux Etats-Unis, cette pratique est « tout à fait assumée », souligne Olivier Pighetti, « ils se méfient beaucoup de l'image qu'ont les médias européens, et surtout français, de ces programmes ». Le documentariste a donc dû batailler pour obtenir l'interview de John Walsh. « Il était vraiment très remonté. Il savait très bien que si son show s'est exporté au Royaume-Uni, en Australie ou au Japon, les Français, passé vichyste oblige, sont très critiques envers tout système de dénonciation. » Une fois lancé, John Walsh a, néanmoins, « tout assumé, et notamment le fait de présenter des reconstitutions les plus émouvantes possibles au public afin qu'il se manifeste ». Et aussi des accroches du type : « Demain, nous vous montrerons cinq criminels qui peuvent être dans votre jardin ». Allez, tous en chasse ! ■A. C.