Sans titre 304388

— 

Mais quel royal mâle ! Un Louis XVI couvert de sang étreint avec conviction Marie-Antoinette. De retour d'une chasse à courre, il vient de découvrir les lettres de son rival le comte de Fersen. Ardent, Louis XVI ? Vraiment ? « Une liberté permise par la fiction, raconte le comédien Antoine Gouy. Si je n'avais pas lu le scénario, j'aurais spontanément choisi le rôle de Fersen, l'amant de la reine, mais c'est le roi le vrai romantique du film ! En vrai, il était timide, mais très amoureux de sa femme. Il avait un côté potache aussi. »

Le docu-fiction L'Evasion de Louis XVI donne, en effet, une vision éloignée des représentations classiques. « C'est un personnage mal connu, parce qu'il a servi d'exutoire - nécessaire - pour la Révolution, souligne le réalisateur Arnaud Sélignac. On le peint comme un balourd nigaud, alors que c'était quelqu'un d'intelligent, aimant la géographie, envoyant La Fayette soutenir la révolution américaine. Dans la plupart des films, il est joué par un acteur âgé, alors qu'il est mort à 36 ans seulement ! » Quant au poids « le roi était très grand et sportif, reprend Sélignac. C'est surtout vers la fin qu'il a grossi, quand il était enfermé aux Tuileries et ne faisait plus d'exercice. Antoine Gouy est très mince, il a pris dix kilos et porte juste un petit ventre factice. »

Pour dresser le portrait de la famille royale en fuite, le réalisateur s'est appuyé sur le livre de l'historien Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, aux éditions Perrin. Ce dernier est bien conscient de ne pas plaire à tout le monde. « Je ne suis pas royaliste, mais, je n'adhère pas non plus à une vision marxiste de la Révolution. Louis XVI était lymphatique, indécis, je soutiens néanmoins que c'était un roi plutôt réformiste. Il a accordé des droits aux protestants et aux juifs et a essayé de s'entendre avec la Révolution, pour obtenir une monarchie constitutionnelle. En cela, il était différent politiquement de Marie-Antoinette, plus réactionnaire. » ■Anne Kerloc'h