La presse britannique paie pour avoir Alfie et les autres en couverture

MEDIAS L'ado pourrait obtenir un pactole de plus d'un demi-million en vendant photos et vidéos de son histoire...

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 En février 2008, Alfie, 13 ans, est l'un des plus jeunes pères en Grande-Bretagne.
 En février 2008, Alfie, 13 ans, est l'un des plus jeunes pères en Grande-Bretagne. — AFP

Alfie, le garçon de 13 ans dont on dit qu’il a eu un bébé avec une ado de 15 ans, se trouve au cœur d’une tourmente médiatique en Angleterre. Est-il vraiment le père de la petite Maisie Roxanne? C’est la question qu’a notamment posé le «Sunday Times» qui écrit qu’au moins deux autres ados revendiquent la paternité du bébé, affirmant avoir eux-mêmes couché avec la jeune mère.

C’est qu’il y a beaucoup d’argent à se faire, avec les médias anglais, habitués à payer pour les confidences de personnalités populaires.
 
D’après le site Sfgate.com, cinq chaînes de télévision s’entretuent quasiment pour obtenir les droits de faire un documentaire sur la façon dont Alfie vivra son nouveau rôle de père. Selon Max Clifford, l’analyste cité par le journal «The Independent», le jeune ado pourrait gagner un demi-million de livres (environ 565.000 euros), sachant que le «Sun» a payé des photos de ce sujet à plusieurs reprises, dont 25.000 livres (plus de 28.000 euros) pour une série prise alors que la mère était encore à l’hôpital, assortie d’une vidéo publiée sur le site Web du tabloïd.

Enquête ouverte


La démarche n’a pas plu à la PCC, la commission anglaise chargée de gérer les plaintes contre la presse. Celle-ci a annoncé qu’elle allait ouvrir une enquête sur les modalités de paiements du «Sun» aux parents d’Alfie. En cause: le respect de la clause numéro 6 du code du journalisme britannique, selon lequel «les enfants ne doivent pas être payés pour donner des éléments à la presse, sauf si ceux-ci servent leurs intérêts». Comprendre: des intérêts non financiers.
 
Si le cas Alfie suscite la réaction de la PCC, c’est parce qu’il est mineur. Mais il est un autre cas très controversé en Angleterre: celui de Jade Goody, 27 ans, ex-participante du «Loft Story» anglais de 2002, désormais atteinte d’un cancer qui ne lui laisse que peu d'espoirs de survie. La jeune femme vend son calvaire aux médias. Ici sur la chaîne Living TV, de Virgin Media, avec un début de calvitie lié à la chimiothérapie, elle pleure «je ne veux pas mourir». Là, requinquée, chauve mais joliment maquillée, elle parle gaiement à «News of the World» de possibles fiançailles.
 
«Toute ma vie se déroule publiquement, c'est mon métier», a-t-elle justifié. «Oui je fais cela pour de l'argent, pour que mes enfants, si je disparais, échappent à l'enfance de drogue et de misère que j'ai connue».
 
Une position que certaines de ses connaissances déplorent: «J'ai créé le monstre qui est devenu l'entreprise Jade Goody, et maintenant qu'elle lutte pour sa vie, je me sens coupable», écrit dans le «Daily Mail» l'ancienne rédactrice en chef du magazine people «Now» où Jade avait une rubrique.

Et vous, qu'en pensez-vous? Cela vous choque-t-il ou pas?