« L'improvisation, ce sera quand l'invité éternuera ! »

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Vous lancez un « Late Show », genre d'émission assez mythique...

Pas en France. On veut un vrai « Late Show » à l'américaine, mêlant humour et engagement journalistique. Ce sera très écrit grâce à une dizaine d'auteurs, dont cinq permanents. En France, on se focalise sur l'animateur, mais cette émission ne serait rien sans les auteurs. On va jusqu'à anticiper les réactions des invités pour écrire des vannes. L'impro, ce sera quand l'invité éternuera.

Vous avez invité Mourad Benchellalli, Français détenu à Guantanamo. C'était important ce sujet aussi fort pour la première ?

Même si j'avais lu son livre - fort -, j'ai été surpris par la souffrance qui se dégageait de lui. Cela ne m'intéresse pas d'inviter des polémistes, j'ai envie d'être prescripteur d'autres invités, qui donnent la température de mon pays. Qui mieux pour parler de Guantanamo que quelqu'un qui l'a vécu ? Quelqu'un qui, avant d'être un détenu, est un Français.

Votre show est « générationnel » ?

Je veux être multigénérationnel, réunir la famille. Que la ménagère de moins de 50 ans me regarde avec son fils. J'en ai assez de cette télé saccadée qui divise le public en « cibles ». Je ne m'intéresse pas aux cibles. Ou alors ce serait pour être Robin des Bois ! ■ Recueilli par A. K.

« Le Belattar Show », vendredi à 22 h 10 sur France 4.