Mariage de raison entre journaux consentants

Alice Coffin

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D'ici à la Saint-Valentin, la presse écrite va vivre au rythme des fusions. Le 28 janvier Studio Ciné Live, issu des amours de M. Studio et Mme Ciné Live, verra le jour en kiosque. Le 7 février, ce sera le tour de TV Magazine, rejeton de l'union de TV Magazine et TV Hebdo. Vosges Matin, enfanté, lui, par La Liberté de l'Est et L'Est Républicain, est né le 2 janvier. Las, guère de passion dans tout cela. Ces accouplements ont une « explication économique », explique Frédérick Cassegrain, DG de TV Magazine. « Le marché publicitaire est à marée basse, il s'agit de limiter les frais, confirme David Targy, de Precepta. La réunion de deux rédactions le permet. » Elle réduit aussi « la concurrence entre des titres trop nombreux », estime Philippe Boulnois, le directeur de publication de Studio Ciné Live. Pour ne pas subir, il faut remodeler le paysage. »

Une fois ce constat fait, reste à décider des modalités du contrat de mariage. Deux titres, une fusion, trois possibilités. TV Magazine garde son nom. Et pour cause, ce sont ses journalistes qui ont obtenu la garde du domicile. Ceux de TV Hebdo ont, assure la direction, « été recasés au sein du groupe Lagardère, propriétaire du titre ». Ciné Studio Live, en revanche, a opté pour le nom composé et a réuni ses deux rédactions « sans réduction d'effectifs à l'exception de départs volontaires », assure Philippe Boulnois. Qui précise être « conscient que ce n'est pas parce qu'on réunit deux journaux qu'on cumule leur lectorat ». Et oui, dans la presse, un plus un ne font pas deux, mais un peu, voire beaucoup moins. « La déperdition de lecteurs est certaine, estime Jean-Clément Texier, expert médias indépendant. Certains passionnés achetaient les deux titres et là, ils ne pourront plus. » Troisième possibilité, créer un journal complètement nouveau. « On a choisi celle-là car nos lecteurs, fidèles soit à La Liberté de l'Est, soit à L'Est Républicain depuis soixante ans, y étaient très attachés, explique Gérard Noël, rédacteur en chef de Vosges Matin. On savait qu'ils n'iraient pas acheter le rival de toujours, alors on a préféré lancer une nouvelle dynamique. » Fusion, extension, donc. Et ce n'est pas fini. « Le grand mouvement de concentration des titres est encore devant nous », souligne Jean-Clément Texier. Que de cérémonies en perspective... ■