Les médias apprennent l'art du « Pas bouger »

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Quasiment inaccessible à la presse étrangère durant la campagne électorale, Barack Obama ne le sera guère plus pendant la journée d'investiture. « C'est même pire, à cause de la sécurité. La seule différence, c'est que c'est plus joyeux », raconte Laurence Haïm, correspondante pour Canal+ et iTélé, qui avait raconté sa course au candidat démocrate dans le docu No Access. Elle est l'une des rares à bénéficier d'une accréditation permanente pour suivre l'administration Obama. « Mais j'ai dû faire prendre mes empreintes digitales il y a deux mois. » Pour les endroits stratégiques, la presse étrangère doit ordinairement se débrouiller avec des badges tournants, d'une durée de quinze ou vingt minutes. Bertrand Vannier, correspondant de Radio France, témoigne : « Ils ont plus de demandes que pour les JO ! On avait réclamé neuf accréditations : on n'en a que quatre, et aucune pour être en face d'Obama. On va devoir privilégier un reportage au détriment d'un autre. » Car une fois badgé et placé, pas question de bouger. Gilles Bouleau, de TF1, raconte : « Il y aura trois journalistes pour réaliser les plateaux avec des invités, dans notre bureau dont ils ne pourront sortir. Un autre sur le Mall... Moi, je serai sur un toit en face de la Maison Blanche, à un 12e étage que j'ai mis des mois à trouver. Certains endroits sont accessibles uniquement à des journalistes accrédités auprès du Sénat depuis un an. » Pour les autres, prière de ne pas dépasser la limite autorisée. ■ A. C. et A. K.