Jean-François Copé n'a pas dit son dernier mot sur la réforme audiovisuelle

MEDIAS Entre le vote du Sénat, vendredi dernier, et l'examen par une commission mixte paritaire, le 28 janvier prochain, le patron du groupe UMP à l'Assemblée nationale, continue à occuper le terrain...

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"L'abstention, c'est pour moi la négation même de l'engagement politique", a déclaré M. Copé, qui avait plaidé pour un vote à l'unanimité la veille à l'Elysée devant le chef de l'Etat et les présidents des groupes parlementaires, dont Jean-Marc Ayrault (PS).
"L'abstention, c'est pour moi la négation même de l'engagement politique", a déclaré M. Copé, qui avait plaidé pour un vote à l'unanimité la veille à l'Elysée devant le chef de l'Etat et les présidents des groupes parlementaires, dont Jean-Marc Ayrault (PS). — François Guillot AFP

L’Assemblée nationale et le Sénat ont fini d’examiner la réforme de l’audiovisuel public. Mais Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée, n’a, lui, pas fini de parler.

«Les sénateurs étaient un peu furax d’être obligés de discuter de ce texte après la suppression de la publicité et je les comprends. J'aurais été à leur place, j'aurais été exactement pareil», a-t-il dit dimanche à Radio J.

Une déclaration qui fait office de caresse envers les sénateurs, moins d’une semaine après une autre déclaration, tonitruante cette fois, contre ces mêmes sénateurs: «Je crois que nos amis centristes du Sénat n'attendent qu'une occasion pour montrer que, sans eux, il n'y a pas de majorité au Sénat, que ce soit sur ce texte ou sur un autre, avait lâché Copé sur Lepoint.fr. Il leur appartiendra de choisir le texte contre lequel ils voteront. Qu'ils prennent leurs responsabilités. S'ils veulent être contre une réforme populaire, ça les regarde.»
 
Orientations

Alors qu’une commission mixte paritaire doit maintenant s’accorder sur une version du projet de loi commune aux deux hémicycles, Copé redit dans quel sens il veut aller. Ou plutôt celui dans lequel il ne veut pas aller.

Il refuse, conformément à la volonté de Nicolas Sarkozy, toute hausse de la redevance télévisuelle (hors inflation), une initiative pourtant adoptée par le Sénat qui veut l’augmenter à 120 euros au 1er janvier 2010. Et l'étendre aux foyers propriétaires d'un ordinateur.
 
Jean-François Copé, qui n’a pas eu le temps de répondre aux sollicitations de 20minutes.fr, ne lâchera pas là-dessus devant la commission mixte paritaire, qui compte sept députés et sept sénateurs, mais pourrait faire du troc sur autre chose, selon «Libération». «Si les sénateurs s’assoient sur la hausse de 4 euros votée la semaine dernière à une écrasante majorité UMP incluse, alors il acceptera que la révocation du président de France Télévisions soit soumise à l’accord, difficile à obtenir, de l’opposition parlementaire.»

Cette idée, adoptée par le Sénat, consisterait à soumettre la révocation des patrons de France Télévisions et Radio France par le chef de l'Etat à l'approbation des 3/5e des commissions compétentes du Parlement rendant les voix de l'opposition indispensables.