«Pas une parodie de Canal+ mais de la télévision en général»

INTERVIEW Ahmed Hamidi nous présente «Canal presque», la nouvelle émission de Canal+ animée par Virginie Efira...

Propos recueillis par Sandrine Cochard

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Dimanche à 19h05 arrive «Canal presque», la nouvelle émission (en clair) de la chaîne cryptée créée par Ahmed Hamidi et animée par Virginie Efira. Le principe? Proposer en 26 minutes un condensé d’une chaîne télévisée. Au menu: cinéma, sitcom, info, fausses publicités, talk-show, sport et humour… Ahmed Hamidi nous en dit plus.
 
Comment avez-vous conçu le personnage interprété par Virginie Efira?
Elle joue différents personnages et n’est pas cantonnée au rôle de présentatrice. Elle endossera successivement les costumes de personnage de fiction, d’actrice de publicité, de présentatrice, etc.
 
Vous êtes-vous inspiré de la série «Off prime», diffusée sur M6, dans laquelle elle jouait son propre rôle?
Non, même si j’ai trouvé ça bien. Je pense que le principe «la vie de» n’aurait pas fonctionné sur Canal +. Et puis, Virginie a besoin de jouer de la fiction.
 
Votre humour et celui de Virginie Efira se ressemblent-ils?
Nous avons chacun un humour particulier mais nous essayons de nous retrouver. C’est un ping-pong permanent: on écrit, on lui présente nos idées et elle voit si elle se sent bien ou pas pour les jouer. Chacun fait confiance à l’autre.
 
L’émission se veut un condensé de la télévision en 26 minutes. Qu’est-ce que cela implique au niveau de l’écriture?
C’est toujours compliqué d’écrire une fiction hebdomadaire de cette durée. Pour le moment, nous avons fait l’impasse sur plusieurs genres télévisuels, comme les magazines d’enquête, les jeux ou encore les émissions de cuisine. Mais je pense que nous serons amenés à les intégrer. Nous allons d’abord installer l’émission, durant les deux premiers mois, pour donner le temps aux comédiens et aux téléspectateurs de prendre leurs marques.
 
Combien de personnes travaillent sur cette émission?
Nous sommes six à l’écriture et il y a six comédiens principaux qui entourent Virginie: François Damiens («OSS 117») Frédéric Proust, Géraldine Nakache, Franck Molinaro, John Von Sothen et Henri «Riton» Liebman.
 
L’émission se présente comme «une programmation en fac-similé aussi riche que Canal+, mais en presque!». A force de vous inspirer de Canal+, ne craignez-vous pas de tomber dans la private joke?
Non car l’émission ne proposera pas une parodie de Canal+ mais de la télévision en général. Par exemple, le talk-show sur lequel nous travaillerons s’inspirera autant des émissions de Canal+, comme «Le Grand Journal» de Michel Denisot ou encore de «Salut les Terriens» de Thierry Ardisson que celles d’autres chaînes, comme «On n’est pas couchés» de Laurent Ruquier. L’idée est de prendre les codes des émissions de télévision pour les mettre à notre sauce.
 
La fausse publicité est un genre qui s’est épanoui sur Canal+. Est-ce difficile de passer après les Nuls?
Je ne me compare jamais, ça évite la pression inutile. Tout a déjà été fait à la télévision, on passe forcément derrière quelqu’un. Nos publicités n’auront rien à voir car elles porteront sur des produits qui ne se vendent pas, comme de la boue ou du ciment.
 
Vous a-t-on fixé un objectif d’audience?

Non, et je n’ai jamais travaillé comme ça à Canal+. Mais j’ai l’envie de bien faire. Si l’émission réalise de bons scores d’audience mais est nulle, j’aurais l’envie d’arrêter.
 
En juin, Rodophe Belmer a déclaré au journal «Libération» que «Canal presque» s’inspirait du «Saturday Night Live» (SNL), show américain au succès jamais démenti. La comparaison vous semble-t-elle juste?
Non, on ne fera jamais le «Saturday Night Live». Cette émission existe depuis 20 ans aux Etats-Unis (elle a été créée en 1977, ndlr) et elle jouit d’un staff de 15 auteurs aux personnalités très fortes. Avec «Canal presque», nous commençons juste. Et contrairement au SNL, nous ne seront absolument pas proches de l’actualité. Ça fait dix ans que je fais ça avec Les Guignols de l’Info, j’ai envie de passer à autre chose.