Réforme de l'audiovisuel public: Le Sénat reparle du Net

MEDIAS Sites de vidéo sous la coupe du CSA, Web TV sur France3, révolution numérique... Les sénateurs n'oublient pas l'Internet pour évoquer la télé...

Alice Antheaume

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Le Sénat
Le Sénat — Joel Saget AFP/Archives

Alors que le Sénat examine la réforme de la télé publique, le Net alimente une partie des discours. Les quelques sénateurs qui n'ont pas déserté l'hémicycle sont revenus sur la proposition, déjà vue à l’Assemblée nationale, de mettre sous la coupe du CSA les sites Web de vidéo comme Dailymotion. Une idée jugée «ubuesque» par les concernés, et considérée comme «un frein brutal au développement du numérique français». Pour le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), chargé de veiller sur la télé et la radio, pas la toile, ce serait une tâche inédite.

Web et CSA, un couple inédit


«Les membres de la commission des affaires économiques sont très dubitatifs face à l'initiative des députés, qui veulent confier au CSA la régulation de la publicité en ligne sur les sites de partage, déclare Bruno Retailleau, sénateur de Vendée sans étiquette politique, qui prévient qu’il y aura un «amendement pour offrir une «régulation moins administrative et plus adaptée à ce champ d’activité» numérique.
 
Une idée aussitôt applaudie par l’Association des Services Internet Communautaires (ASIC), qui regroupe notamment Google, Dailymotion, Wikipedia, AOL. L’ASIC s’est fendu d’un communiqué, ce mercredi, pour «félicite(r)» les sénateurs qui «réaffirme(nt) que l’Internet n’est pas de la télévision» et les incitent à établir une «frontière clairement définie entre le secteur de l’audiovisuel et les services communautaires»

Pas le choix face à la révolution numérique

«L’Internet est une chance pour l’audiovisuel», poursuit Bruno Retailleau, lancé dans un laïus sur ces images de la télé qui explosent et se fragmentent sur d’autres supports (baladeur numérique, console de jeu et ordinateur portables, téléphone) que le petit écran. Une façon, pour le sénateur, de justifier cette réforme de la télé publique. «La télé n’a plus le monopole de l’image... Ça ne sert à rien de s’en réjouir ou de le déplorer», dit-il. Face à cette révolution des écrans, «la première réponse est de ne rien faire. L’autre voix, c’est celle d’une réforme profonde.»
 
Le Net, d'accord, mais pas que...

Mais l’Internet n’a pas toujours bon dos. Pour Brigitte Gonthier-Maurin, sénatrice du PCF, le développement régional de France 3 ne peut se faire via une Web TV. Rappelons que le décrochage local de 19h57 a été supprimé de l'antenne. «C’est un comble pour une entreprise dont le nouveau cahier des charges rappelle que "France 3 s'attache à développer l'information régionale et locale et à accroître le nombre d'éditions de proximité", décrie Brigitte Gonthier-Maurin. Or, c'est l'inverse qui est en train de se produire. Certes, il existe l'Internet, mais à Perpignan, par exemple, le journal local réunit 67.000 téléspectateurs contre 300 clics» sur le Net. Un score insatisfaisant pour la sénatrice qui assène: «Les personnels ne sauraient tolérer que leur travail soit réduit à un produit d'appel pour la Web TV.»