L'environnement prend racine dans le PAF

TELEVISION En cette rentrée, tout est blanc dehors, et tout est vert, très vert sur le petit écran...

Alice Coffin

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«Jusqu'ici, il existait un leitmotiv, note Anne Bauer, présidente de l'Association des journalistes de l'environnement : parler écologie à la télé, c'est trop complexe. Mais c'est devenu mainstream [grand public].» Pour répondre, d'abord, «aux inquiétudes d'un public très demandeur, dérèglement climatique oblige», estime Laurent Romejko. Il présente ce soir, à 22 h 35, sur France 2, la première de son programme court hebdomadaire, «Climats 2».

Clara Morgane

«Des chauffeurs de taxi aux directeurs de chaîne, tout le monde a compris qu'il se passait quelque chose», confirme Yann Arthus-Bertrand, pionnier du genre. Mais attention, les nouvelles émissions à l'écran cette semaine sont loin de son «Vu du ciel» ou d'«Ushuaïa». Avec moins de belles images, et plus de conseils pratiques. «Et toi, tu fais quoi?», demande ainsi NRJ 12 à ses téléspectateurs. «Un programme court construit autour de petits gestes du quotidien, de manière divertissante... C'est présenté par Clara Morgane!», souligne Gérald-Brice Viret, directeur du pôle TV de NRJ Group.

Même volonté, dans le passionnant «GlobalMag» d'Arte, de mélanger «sérieux et ludique, et d'avoir un regard proactif en incitant les téléspectateurs à s'investir», dixit Alain Wieder, directeur adjoint des projets d'Arte France. Sous cet angle ludique et concret, l'environnement est même devenu un must pour les petits. «On diffuse le plus possible d'émissions sur ce thème», souligne Emmanuelle Guilbart, PDG de Gulli. Au menu cette semaine, des épisodes de la série animée «Il était une fois notre Terre», consacrée à l'écologie.

Ronronnant

Reste à savoir si ces émissions auront, elles aussi, un développement durable. «Je suis sceptique, affirme Dominique Martin Ferrari, productrice et PDG de Gaïa, chaîne Internet spécialisée dans l'environnement. Ce qu'il faudrait, c'est plus de budget pour faire de l'investigation.» Pour Anne Bauer, «parler des petits gestes, c'est très bien, mais quand on aura expliqué dix fois qu'il faut bien fermer le robinet, cela risque de devenir ronronnant». De quoi alimenter le colloque sur «La responsabilité des médias en matière de développement durable», organisé le 19 janvier par Gulli.