« Choron, un grand patron de presse des années 1970 »

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Vous avez bien connu le Professeur Choron, quid de votre objectivité ?

C'est assumé. Le film a un côté « il faut sauver le soldat Choron ». Pour dépasser l'image caricaturale qu'il avait lui-même contribuée à forger lors de certains plateaux télé pathétiques. On a, au contraire, fait un montage des émissions où son génie éclatait. Surtout, on a montré que Choron a été un des plus grands patrons de presse des années 1970. Hara-Kiri, Charlie Hebdo, c'est lui et Cavanna. « Les Nuls », « Les Guignols » et « Groland » lui doivent tout.

Un patron de presse avec un sens de la gestion particulier...

Catastrophique, oui ! C'était un patron voyou, même s'il ne visait pas à s'enrichir. Malgré les sommes qu'il payait en justice, il disait à ses dessinateurs : « Mais c'est une merde, cette une, on n'aura jamais de procès avec ça ! » Il poussait les gens à aller au bout. Depuis, l'autocensure a tué la presse satirique.

Ce film fera-t-il naître de nouvelles vocations ?

C'est le but. Les jeunes ne connaissent pas du tout Choron, mais sont explosés de rire pendant le film. L'un m'a dit : « C'est comme si j'avais mangé un acide après une rave. » Du coup, tant pis si aucune chaîne n'a voulu participer à ce doc ! ■ recueilli par Alice Coffin