Voici.fr supprime un article «à la demande de François Sarkozy»

MEDIAS Fabrice Argelas, le rédacteur en chef adjoint du magazine people, s'explique...

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Responsabilité pénale fixée à 12 ans, création d'un tribunal des mineurs à juge unique, peine d'emprisonnement le week-end, création de sanctions éducatives : la commission chargée par Rachida Dati de réformer la justice pénale des mineurs a élaboré 70 propositions
Responsabilité pénale fixée à 12 ans, création d'un tribunal des mineurs à juge unique, peine d'emprisonnement le week-end, création de sanctions éducatives : la commission chargée par Rachida Dati de réformer la justice pénale des mineurs a élaboré 70 propositions — Anne-Christine Poujoulat AFP/Archives

C’est l’histoire d’un article publié puis supprimé. Intitulé «Une surprenante visite», l’article en question a été mis en ligne lundi sur le site de Voici.fr. Il était assorti d’une photo de François Sarkozy, le frère cadet du président de la République, sortant de la clinique parisienne où se trouve... Rachida Dati, nouvelle maman.
 
Or, moins de deux heures après sa publication, le sujet a disparu, laissant la place à la mention «Article retiré à la demande de François Sarkozy».
 
Interrogé par 20minutes.fr, Fabrice Argelas, rédacteur en chef adjoint de «Voici», raconte que c’est l’avocat de François Sarkozy qui a téléphoné à la rédaction du journal people. «Il n’a vraiment pas apprécié que l’on publie sa photo et a assigné Voici, le site comme le magazine. Pour éviter d’alourdir l’assignation, on a décidé, en interne, de supprimer l’article.» Et quand l’avocat rappelle une deuxième fois après avoir vu la mention «article retiré à la demande de François Sarkozy», la rédaction, à nouveau, s’y plie. Désormais, on peut lire «la page demandée n’a pas été trouvée».

Etrange obéissance

Une décision qui n’est pas dans les usages de ce journal, d’ordinaire irrévérencieux et habitué aux procès pour atteinte à la vie privée. Un budget conséquent, estimé à plusieurs millions d’euros par an, est même dédié aux frais de procédure. Alors comment expliquer la soudaine obéissance de la rédaction aux injonctions de l’extérieur? «Arrêtons tout de suite le fantasme. Il n’y a pas de pression de l’Elysée. C’est juste que le jeu n’en valait pas la chandelle, reprend Fabrice Argelas. A "Voici", on sait prendre des risques quand il faut les prendre, mais là, cette photo n’est la preuve de rien, ce n’est qu’un gravier, que dis-je?, un gravillon dans une cour». Une réponse qui fait allusion aux rumeurs, toujours tenaces, qui tournent autour de l’identité du père de Zohra, la petite fille de Rachida Dati.
 
«A la clinique de Rachida Dati, c'est le Festival de Cannes»

Le rédacteur en chef adjoint a eu beau supprimer l’article, il n’en alimente pas moins le buzz, ravi de se payer une publicité à peu de frais. «La vraie question, c’est pourquoi François Sarkozy n’a pas apprécié? Il n’est pas le seul à rendre visite à Rachida Dati. D’autres ont été pris en photo: Nathalie Kosciusko Morizet, Andrée Sarkozy (la mère du précédent cité, ndlr), etc. ça défile toute la journée. Là-bas, à la clinique de la Muette (dans le 16e arrondissement de Paris, ndlr), c’est le Festival de Cannes!»