« Trop souvent, on reste dans la fantasmagorie de voyants »

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Dans « Une lumière dans la nuit », ce soir sur France 2, vous jouez Louis Braille, mais vous avez aussi été consultant...

En tant que comédien, j'ai fait remarquer des petits détails. La production a eu envie d'aller plus loin et m'a consulté sur le scénario, le décor, pour restituer l'univers des aveugles de manière cohérente... Un appartement d'aveugle, par exemple, est bien rangé, les portes y sont ouvertes ou fermées mais pas entrebâillées, sinon, ce sont des couteaux en puissance : on peut taper dedans et s'ouvrir l'arcade sourcilière

Et pour le coaching des acteurs Julie Voisin et Marius Colucci ?

C'est ce que j'ai le plus aimé. Ils y sont allés vraiment ! Pendant des heures, avec un masque de plongée tapissé de papier. Je voulais qu'ils éprouvent des sensations avec lesquelles créer leur personnage. L'interprétation de Julie est stupéfiante. Elle a des gestes instinctifs, comme si elle était vraiment aveugle.

Quel est votre regard sur la représentation des aveugles dans la fiction en général ?

On en voit beaucoup plus que de sourds-muets, de personnes en fauteuil. Mais trop souvent, on reste dans la fantasmagorie et les angoisses des voyants, avec des aveugles qui « tartinent » les murs avec leurs mains, ont un odorat fabuleux... mais non, on n'a pas des nez de chiens !

Recueilli par Anne Kerloc'h