Quand les bébêtes divaguent, l'homme a du souci à se faire

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On ne remerciera jamais assez l'alligator de Floride et son micropénis. Par son organe reproductif en voie de disparition, le saurien nous informe sur le taux de pesticides de l'eau du lac Apopka. Tout comme une vague de morsures et de grattage frénétique chez les chiens japonais signalerait l'imminence d'un séisme. Depuis lundi, Arte programme à 19 h une série documentaire, « Animaux sentinelles ». En ces temps où l'avenir de la planète préoccupe, l'auteur, Thierry Berrod, a pourtant dû batailler avant de voir le sujet accepté par Arte, Ushuaïa TV et Discovery Channel. « En France, on reste cartésien et centré sur l'homme, explique-t-il. Même dans les écoles vétérinaires, il n'y a que quelques heures de cours sur le comportement animal. Le sujet apparaissait comme quelque chose de peu scientifique, mystique. »

En la matière, l'Occident a des siècles de retard. « Plus de 100 ans avant Jésus-Christ, on trouvait en Chine des vases montrant des grenouilles qui fuient devant un séisme, et dans les années 1960, le gouvernement distribuait des éventails recensant les comportements des animaux pouvant servir de signal d'alarme », poursuit Thierry Berrod. Les Etats-Unis, eux, se sont mis à l'instinct animal après le 11 septembre 2001. Craignant une attaque terroriste sur l'eau, ils ont confié la garde du réseau potable de Chicago à des perches soleil, plan-plan et délicates. Au moindre changement dans l'eau, elles se mettent à tousser. Merci Bubulle.

A. K.