une « mission » après la brutale interpellation de Filippis

- ©2008 20 minutes

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Une mission post-indignation. Vendredi, Vittorio de Filippis, ex-directeur de la publication de Libération, a été brutalement interpellé à la suite d'une banale affaire de diffamation datant de 2006. Du jamais vu pour un délit non passible de prison. Lundi, alors que Rachida Dati, la ministre de la Justice, estimait la procédure « régulière », le président Sarkozy disait comprendre l'« émoi » soulevé, et a annoncé une mission pour « une procédure pénale plus respectueuse des droits et de la dignité des personnes ».

Interrogé par 20minutes.fr, Vittorio de Filippis dénonce « des atteintes à la dignité humaine » avec déshabillage, menotte et fouilles au corps. « Si la juge a outrepassé ses droits, je me battrais pour les miens. » Le président de la cour d'appel de Paris, Jean-Claude Magendie, a demandé des éclaircissements sur la procédure. « Cela prouve que cela mérite une explication », reprend Filippis, qui voit dans son cas personnel « un micro-événement qui s'inscrit dans un environnement délétère. Nous vivons dans un pays où l'on parle d'incarcérer les mineurs délinquants de 12 ans... Je ne suis qu'un journaliste de base qui a le privilège d'avoir une carte de presse. Imaginez comment sont traités les étrangers qui ne parlent pas français et ne peuvent argumenter. »

A. A. et A. K.