Les éditorialistes s'épanchent sur l'affaire Filippis, ce journaliste qui a été «traité comme un criminel»

MEDIAS Revue d'une presse en colère...

Avec agence

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Lors du conseil d'administration prévu jeudi, le journaliste Vittorio de Filippis, actuel gérant de la SCPL, doit devenir PDG à titre transitoire.
Lors du conseil d'administration prévu jeudi, le journaliste Vittorio de Filippis, actuel gérant de la SCPL, doit devenir PDG à titre transitoire. — Bertrand Guay AFP

Ils sont outrés. La presse est unanime pour apporter son soutien à Vittorio de Filippis, le journaliste de Libération interpellé et mis en examen pour diffamation publique.

Dimanche, déjà, Pierre-Louis Basse, sur «Europe 1», parlait d'une arrestation«digne d'une république bananière». Dans la «République du Centre», Jacques Camus constate ce lundi que «la fâcheuse tendance procédurière du chef de l'Etat n'est peut-être pas étrangère à cet activisme judiciaire. Sans pour autant justifier certaines dérives, il y a actuellement disproportion entre les méthodes utilisées et les nécessités d'une enquête».

«Il y en a qui doivent avoir chaud aux oreilles, très chaud»

Même ton dans la «Charente Libre», où Jacques Guyon affirme que «le juge à l'initiative de cette affaire a tout simplement méprisé la loi qu'il est censé faire respecter». Vittorio de Filippis «a été traité comme un criminel», insiste Eric Dussart dans la «Voix du Nord».

«Il flotte actuellement dans ce pays un air mauvais sur la liberté de la presse», affirme Jean-Michel Helvig, un ancien de «Libération», dans la République des Pyrénées, qui constate que «gardes-à-vue et perquisitions de journaux se multiplient pour forcer le secret des sources». Enfin, pour la «Tribune», «il y en a qui doivent avoir chaud aux oreilles, très chaud aux oreilles, ce sont la juge qui a demandé l'arrestation, les policiers qui ont appliqué la procédure avec zèle, et toute la pyramide au-dessus, jusqu'au sommet».