Artillerie lourde contre un journaliste

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Ce n'est pas avec des croissants mais avec des menottes que Vittorio de Filippis, ex-directeur de la publication de Libération, a été réveillé vendredi à 6 h 30. Une arrestation musclée à la suite d'une plainte pour diffamation déposée en 2006 par Xavier Niel, fondateur de Free. Entendu au commissariat du Raincy (93), le journaliste a été conduit au tribunal où sa mise en examen pour « diffamation publique » lui a été notifiée.

« Il n'y a pas de précédent en France, aucun directeur de la publication n'a subi ce que j'ai subi », a déclaré l'intéressé. « Une première », confirme l'avocat du quotidien. Alors que Reporters sans frontières pointe des « faits intolérables », le PS des « méthodes inadmissibles », l'UMP estime que « la méthode semble tellement disproportionnée qu'elle nous paraît devoir donner lieu à une enquête ».La ministre de la Culture, Christine Albanel, a demandé que « toute la lumière soit faite ». Au ministère de l'Intérieur, on répond que « la police est à la disposition du juge d'instruction ».

C. J.