Le «Canard Enchaîné» répond au livre et les auteurs du livre répondent au «Canard Enchaîné»

MEDIA Le journal satirique dénonce une volonté de «nuire» et de «salir» de la part des auteurs du livre «Le Vrai Canard»...

20minutes.fr

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AFPTV

Le «Canard Enchaîné» n’apprécie pas l’enquête réalisée par les journalistes Karl Laske et Laurent Valdiguié. Dans un éditorial publié mercredi, le journal satirique répond aux auteurs du livre «Le Vrai Canard».
 
Dans un long article en Une et en page intérieure, le directeur de la publication du journal, Michel Gaillard, estime que les auteurs ne cherchent pas à «dévoiler la face cachée de notre hebdomadaire, seulement à lui nuire, à le salir». «En fin de compte, cette belle affaire fera le plus grand plaisir à notre nouvel ami Sarko et à ses affidés. Au premier rang desquels "son frère" Arnaud Lagardère», estime-t-il, rappelant que celui-ci est «à la fois l'employeur de Laurent Valdiguié (journaliste à Paris-Match, ndlr), et le propriétaire des éditions Stock (l'éditeur du livre, ndlr)». Les auteurs de l'enquête ont aussitôt démenti: «Nous ne cherchons pas à "nuire" au Canard Enchaîné, ni "à le salir".»

>> Lire l’interview de Karl Laske en cliquant ici >>
 
Qui rédige le «Journal de Carla B.?»
 
Michel Gaillard répond à deux affirmations du livre. 1. Le conseiller de Nicolas Sarkozy, Pierre Charon, serait à l'origine de certains dialogues du «Journal de Carla B.» et 2. Brice Hortefeux serait un des principaux informateurs du journal. «Sérieusement qui peut croire que "Le Canard" a confié une de ses chroniques les plus suivies à un collaborateur de Sarkozy?», s'interroge-t-il. Selon Michel Gaillard, le «Journal de Carla B.» est rédigé par un journaliste du titre, Frédéric Pagès.

Quant à Brice Hortefeux, il «est l'un des ministres qui a été le plus étrillé dans nos colonnes» pour sa «chasse aux immigrés et aux sans-papiers», ajoute le directeur de la publication. Et de conclure, ironique, que son article a été «rédigé par Pierre Charon, amendé par Brice Hortefeux et finalement approuvé par Nicolas Sarkozy».

Pour Valdiguié et Laske, la réponse du «Canard» n'apporte «aucun éclaircissement sur plusieurs questions» soulevées dans le livre, dont «le faux-rapport sur l'embuscade en Afghanistan», la «situation sociale du journal» ou «le financement de l'association du journaliste Alain Guédé, organisateur d'une cérémonie associant Nicolas Sarkozy en mai dernier». Pour étayer leur thèse, les co-auteurs comptent mettre en ligne «une partie des documents sur lesquels s'appuie» leur enquête sur le blog lecanardapoil.fr.

La question de l'enquête «trappée»


Reste un point abordé par Laske que «Le Canard» conteste: la soi-disant enquête «trappée» sur les revenus de Nicolas Sarkozy au sein de son cabinet d'avocats.

«Il semblerait surtout que la mémoire de M. Laske soit défaillante. En mars 2008, dans le numéro 107 des "Dossiers du Canard", intitulé "Le président Fric-Frime", "Le Canard" a consacré une pleine page aux activités d’avocat de Nicolas Sarkozy. Intitulé "Accro du barreau", cet article expliquait entre autres que le président de la République possède toujours 34% du cabinet "Arnaud Claude et Associés", que ce cabinet ne publie pas ses comptes depuis six ans, mais réalise un chiffre d’affaires estimé à près de 2 millions d’euros. Ce qui, comme l’écrivait "Le Canard" noir sur blanc, valorise les parts de M. Sarkozy dans ce cabinet à plus de 650 000 euros annuels», affirme Christophe Nobili, journaliste de l'hebdomadaire satirique.