La télé américaine interdite de gros mots?

MEDIAS La Cour suprême des Etats-Unis a tenu une audience sur le sujet...

Avec agence

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Des postes de télévisions
Des postes de télévisions — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Jusqu’alors aux Etats-Unis, il n’était pas interdit de proférer un gros mot sur une chaîne de télé, tant que celui-ci n’était pas répété. La règle, édictée par la Cour suprême en 1978, voulait qu'une sanction ne tombe que lorsque les grossièretés se multipliaient. Sauf que mardi, cette Cour suprême, composée de neuf membres, s'est re-penchée sur cette question.

Sur demande de l’équivalent de notre CSA, la FCC (la Federal communication commission, dont le spectre se limite aux chaînes de télévision non câblées et aux radios), les membres ont étudié la possibilité de sanctionner les chaînes sur lesquelles on aurait entendu un mot grossier, même prononcé une seule fois. Histoire de préserver les oreilles des enfants scotchés au poste de télévision.
 
Trop de puritanisme?

Vont-ils changer la règle? Ou renvoyer l’affaire devant une cour d’appel? On ne le sait pas encore. Mais durcir le règlement pourrait atteindre au premier amendement de la Constitution américaine qui garantit la liberté d'expression.

L’initiative fait déjà grincer: «Plutôt que de vouloir aseptiser de façon draconienne le langage à la télévision, ne faudrait-il pas d’abord se concentrer sur d’autres dérives comme la partialité des informations, la manipulation des images, les excès des téléréalités?», peste ce blogueur.

Différence de traitement

Quelles que soient les suites, le paradoxe est total: de lourdes amendes pourraient être imposées aux chaînes de télévision américaines non câblées alors que les chaînes câblées continueraient, elles, à diffuser des programmes en direct sans restriction.
 
Reste que si la Cour Suprême réfléchit à la question, c’est à cause des plaintes reçues par la FCC. En 2002 et 2003, les plaintes concernaient le chanteur de U2, Bono, qui avait estimé «Vraiment, vraiment putain de fantastique» d'être récompensé aux Golden Globes, ainsi que la chanteuse Cher qui avait lâché un «putain» également pendant une remise de récompenses. Nicole Richie a aussi demandé en direct si quelqu'un avait «jamais essayé de sortir de la merde de vache d'un sac à main Prada?». Ironie de l’audience: la Cour suprême n’a jamais dit, en une heure de débat, les mots en question mais parlé de «f-word» («p» en VF) et de «s-word» («m» en VF).
 
«C'est une chose d'utiliser le mot dans “Il faut sauver le soldat Ryan”, quand un bras est arraché, c'est autre chose de le faire quand vous recevez une récompense», a plaidé John Roberts, le président de la Cour suprême. En France, on n’a pas de règle en la matière.

Et vous, qu’en pensez-vous?