Où sont les minorités à la télé?

DIVERSITE Un rapport du Conseil supérieur de l'audiovisuel dresse un bilan mitigé...

Sandrine Cochard

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SIPA

Alors que les Etats-Unis ont adoubé Barack Obama mercredi, faisant de lui le premier président noir américain, la France est encore à la traîne en ce qui concerne les minorités. Dans un rapport sur la diversité dans les médias audiovisuels, révélé mercredi par «Le Figaro», l' Observatoire de la diversité dans les médias audiovisuels dresse un bilan mitigé de la représentation des minorités.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui doit publier un rapport à ce sujet mercredi prochain, prend ses distances avec cette étude. «Nous tenons à vous informer que les conclusions de l'étude de l'Observatoire de la diversité dans les médias audiovisuels, parues dans un quotidien ce matin, ne réflètent absolument pas celles qui seront délivrées mercredi 12 novembre lors d'une conférence de presse au Conseil supérieur de l'audiovisuel, prévient le CSA. Celles-ci n'engagent, donc que son auteur.»

Des minorités plus nombreuses

Après des heures de visionnage de tous les programmes sur des semaines types, l’équipe du sociologue Éric Macé, qui a réalisé l’étude, fait ce constat: «les nouveaux visages perçus comme non blancs», selon la frileuse formule retenue pour l’enquête, sont plus nombreux mais restent souvent cantonnés sur les chaînes de la TNT. Dans les émissions de divertissement, 34% des personnes sont perçues comme non blanches (25 % vues comme noires et 9 % comme arabes). Une proportion «favorable» selon le comité de l'Observatoire de la diversité dans les médias audiovisuels, qui publie l’étude.

Avec un hic cependant. Ces présentateurs ou animateurs sont catalogués: on les retrouve principalement «dans les émissions de musique, les feuilletons américains et les programmes de sport». Les animateurs «non blancs» d'émissions de divertissement non musicales ne sont que 9 %.

Dans la fiction et les informations, la diversité a «progressé, mais lentement», note également le rapport. Dans les journaux télévisés, les présentateurs emblématiques comme Harry Roselmack sur TF1 et Audrey Pulvar sur France 3 restent des exceptions. Les minorités à ce poste sont sous-représentées, avec 6% de personnes noires et 3% de personnes arabes.

Et la fiction française?

Si la télé a (un peu) amélioré la représentation de la France dite black-blanc-beur, la fiction française semble particulièrement à la traîne: 11% des acteurs sont des personnes perçues comme non blanches, dont 7% sont des noirs et 1% sont considérés comme arabes. Et ces derniers ont rarement le beau rôle: selon l’étude, seulement 0,3% des personnages arabes sont des héros.

Quant aux Asiatiques, ils sont quasi invisibles. Relégués à des rôles secondaires , «ils ne sont que 0,5 % des acteurs», souligne «Le Figaro». En 1999, la première étude menée sur la diversité soulignait que 14% de personnages non blancs prenaient la parole dans les fictions sur les cinq chaînes de l'époque (TF1, France 2, France 3, Canal +, M6). En 2008, ils sont 15%. «Ce n'est pas spectaculaire, mais on se rapproche de la proportion réelle des minorités visibles en France», affirme un membre du comité au quotidien.