La Cinecitta, c'est pas de la « Kaamelott »

A Rome, Raphaëlle Baillot - ©2008 20 minutes

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Rome dans Rome, la mise en abyme est à la démesure d'Alexandre Astier, le créateur-réalisateur-acteur-compositeur de « Kaame­lott ». Pour le « livre VI », l'ultime de la série de M6, le producteur Calt a vu en maximus. Et loué pour une semaine, jusqu'à hier, les anciens décors de la série américaine « Rome », au coeur de la Cinecitta, les plus que mythiques studios européens. Cet écrin fellinien - dédale de ruelles colorées, cradingues, vivantes comme la Rome antique - n'écrase guère Astier. Concentré, en costume derrière une caméra, il tourne au coeur d'un ballet de cinquante techniciens et figurants italiens et français. Dans la scène, Léodagan et Dame Séli, les beaux-parents d'Arthur, s'engueulent comme de coutume. « On a eu notre texte il y a une heure », glisse Joëlle Sevilla (Séli). Mais soudain, Alexandre s'arrête pour jeter des notes de musique sur une partition sortie de nulle part. « J'ai trouvé le thème de César ! » César ? Il sera joué par Pierre Mondy.

Par la magie de la fiction, l'action de « Kaamelott » s'est peu à peu déplacée du XIIIe siècle des débuts au Ve. Ce « livre VI » sera un « prequel », un retour en arrière sur les années de « jeunesse, de formation militaire et sexuelle d'Arthur à Rome », raconte Alexandre Astier, qui révèle qu'« Arturus découvrira l'amour dans les bras d'une bourgeoise romaine ». Pour ce livre, le challenge aura été de faire rajeunir la distribution. « J'ai perdu 11 kg », lance Jean-Christophe Hembert, Karadoc méconnaissable au cheveu long. Pour les maquilleurs, c'est le cauchemar. « Pour rajeunir, il faut éclaircir les visages, mais à Rome, les gens étaient sales, il faut donc foncer », explique la chef maquilleuse, Elisabeth Touboul.

Cette saison en forme de génèse arthurienne passera à la télé en 2009, tronçonnée en neuf prime times de 40 minutes. Elle s'annonce lumineuse, donc, pour retrouver le sourire après la grosse déprime d'Arthur du « livre V ». Pour la véritable quête du Graal, il faudra attendre les trois longs métrages de « Kaamelott ». En attendant ce destin cinématographique, la Cine­citta, « ça a quand même de la gueule », résume Astier. Sur­tout quand on a commencé par des champs-contrechamps dans un petit studio de la région parisienne.