Elise Lucet: «Il faut se préparer à la vieillesse»

INTERVIEW La journaliste présente ce mardi soir sur France2, l'émission «A nos 100 ans»...

Recueilli par Raphaëlle Baillot

— 

La journaliste Elise Lucet, qui présente le journal de 13H00 sur France 2, a donné naissance jeudi à une fille, prénommée Rose, a annoncé vendredi sa remplaçante au journal de la mi-journée, Françoise Laborde.
La journaliste Elise Lucet, qui présente le journal de 13H00 sur France 2, a donné naissance jeudi à une fille, prénommée Rose, a annoncé vendredi sa remplaçante au journal de la mi-journée, Françoise Laborde. — Joël Robine AFP/Archives

Elise Lucet, journaliste sur France 2 anime ce mardi soir l'émission «A nos 100 ans».

Présentatrice du 13 heures, vous animez mardi soir un «prime» sur France 2, «A nos 100 ans». Quel en est le principe?

Parler tout simplement de la révolution démographique qui a lieu aujourd’hui, mais qui est silencieuse. En 1950, il y avait 200 centenaires. Aujourd’hui, il y en a plus de 20.000! Il faut se préparer à la vieillesse, ne pas se cacher derrière son petit doigt!

Le sujet est difficile. Qu’est-ce qui vous a convaincue?
C’est vrai qu’a priori, le sujet peut faire peur, mais justement, le défi m’a intéressée. J’ai été convaincue d’abord par le sérieux de l’équipe, avec la productrice Simone Harari, et deux anciens rédacteurs en chef de «7 à 8». Et puis j’ai posé mes conditions: qu’il y ait des sujets solides et sérieux, et que je participe à la construction de l’émission. Je ne suis pas une mercenaire de la présentation!

Pendant l’émission, un bébé se promène partout sur le plateau!

Oui, parce qu’il y avait aussi des familles dans nos invités. Ce genre de chose fait vraiment partie des imprévisibles de la télé. Mais je me voyais mal couper au montage tous ces passages avec le bébé. On en a assez de la télé comme univers hyper aseptisé! J’aime être proche de la vie.

Justement, le fait d’être une jeune maman vous sensibilise t-il davantage aux phénomènes de génération?

C’est certain, j’ai des choses à transmettre, j’observe les liens de ma fille avec mes parents. Alors oui, cette expérience m’a aidée pour l’émission. Quand les sujets s’y prêtent comme c’était le cas ici, ce serait dommage de faire une barrière entre vie privée et vie publique. Evidemment, sur un «Pièces à convictions» sur le syndicalisme, ça ne serait pas la même chose!

Dans l’émission, un sujet avec une caméra cachée dans une maison de soin Alzheimer fait froid dans le dos. N’avez-vous pas craint le voyeurisme?
Ça aurait été franchement le cas si nous avions mis en cause le personnel. Or nous montrons clairement que les employés font tout ce qu’ils peuvent, mais qu’ils ne sont pas assez nombreux pour s’occuper de tous les malades. La caméra cachée apporte ici un plus, parce qu’elle permet d’approcher au plus près de la vérité: la prise en charge des malades se fait dans des conditions encore très dures.

Sophie Le Saint vous remplace cet été. Un choix que vous agréez?

Absolument. Cela fait longtemps qu’elle en avait envie, elle est pro, passe bien à l’antenne, et le public de «Télématin» la connaît bien. Et puis ça fait plaisir de voir que c’est quelqu’un de la maison qui est choisi.

Que pensez-vous de l’éviction brutale de PPDA du 20 heures de TF1?
Je trouve simplement que cela donne au public une image extrêmement violente de nos métiers de l’audiovisuel.