TF1 à la chasse aux sites de partage de vidéos

AA et RB

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Microsoft, Apple, mais aussi opérateurs du téléphone ou du câble, géants d'internet et fabricants de puces se bousculent pour capter le futur marché des films et vidéos téléchargés sur internet et visibles partout, du téléviseur au téléphone portable.
Microsoft, Apple, mais aussi opérateurs du téléphone ou du câble, géants d'internet et fabricants de puces se bousculent pour capter le futur marché des films et vidéos téléchargés sur internet et visibles partout, du téléviseur au téléphone portable. — Samantha Sin AFP/Archives

100 millions d’euros. C’est le montant des dommages et intérêts que demande TF1 à YouTube pour «contrefaçon, concurrence déloyale et parasitisme», selon le site lesechos.fr. Soit dix fois plus que le chiffre d'affaires 2006 du site de partage de vidéos, filiale de Google.

TF1 refuse de commenter et même de confirmer la nouvelle. En revanche, une porte-parole de Youtube a bien confirmé à 20 Minutes que «le siège californien de Youtube a reçu une plainte de TF1 en fin de semaine dernière et que son étude est en cours». C’est le tribunal de commerce de Paris qui traitera cette affaire. «Nous comprenons que TF1 veuille protéger ses contenus, poursuit Youtube, mais on regrette que ce groupe ait choisi cette voie au lieu de souscrire à nos offres gratuites de protection, comme d’autres ayant droits français tels que Carrere group ou la société Cousteau».

Avant Youtube, Dailymotion a déjà reçu une plainte de TF1...

Pour TF1, c’est la suite de la chasse contre les sites qui diffusent sur le Net ses programmes télé. Le but: garder ses vidéos pour sa propre plate-forme, wat.tv.

Déjà, en décembre dernier, la première chaîne a porté plainte contre Dailymotion, la plate-forme vidéo française, en leur demandant 40 millions d’euros, alors que cette entreprise n’est pas encore à l’équilibre financier. Le procès entre Dailymotion et TF1 aura lieu en 2009, mais au moment où est tombée la plainte, les dirigeants de Dailymotion avaient exprimé leur perplexité: «Est-ce notre faute si TF1 ne protège pas ses contenus? Si TF1 reste les bras croisés et refuse d'alimenter les bases de données permettant le fingerprinting, on ne peut pas empêcher leurs contenus d'être postés» en ligne.

En effet, pour respecter les droits d’auteur, Dailymotion et d’autres sites Web (dont Kewego) ont adopté une technologie qui permet de repérer les vidéos protégées par des droits d’auteur (via des empreintes digitales déposées sur les vidéos) et de les bloquer, à condition que… les ayant droits (producteurs, chaînes de télé, etc.) acceptent de «tagger» leurs vidéos. Le système fonctionne donc sur la bonne volonté des ayant droits. Universal Music et plusieurs labels de musique indépendants ont adhéré au principe, mais du côté des chaînes de télévision françaises, il n’y a guère que Canal + qui accole des empreintes digitales à ses vidéos.

Pour Youtube, recevoir la plainte d’une chaîne de télé n’est pas une première: en mars 2007, le groupe américain Viacom (MTV, Paramount) l’a attaqué en justice et lui a réclamé 1 milliard de dollars (626 millions d’euros). Au final, Youtube n'a pas payé la somme demandée mais a accepté de retirer de son site près de 100.000 vidéos «copyrightées» Viacom.