Eric Fottorino demande l'ouverture d'une enquête parlementaire sur le naufrage de Presstalis

PRESSE L'ancien directeur du « Monde » veut que lumière soit faite sur ce « scandale français »...

C.B. avec AFP

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Photo prise le 3 juillet 2012 à Paris, du siège social de Presstalis
Photo prise le 3 juillet 2012 à Paris, du siège social de Presstalis — Mehdi Fedouach AFP

Ça n’est pas à la presse, ni à l’Etat, de payer pour la faillite de Presstalis. En tout cas pour Eric Fottorino, patron du journal Le Un et ex-directeur du Monde, qui veut en savoir plus sur le naufrage de Presstalis, le principal distributeur de journaux en France.

Il a demandé mercredi l’ouverture d’une enquête parlementaire sur le protocole d’accord signé en mars pour sauver l’entreprise, impliquant de lourds versements des éditeurs de presse et de l’Etat pour le sauver. « Puisque rien ne bouge, nous demandons l’ouverture sans délai d’une commission parlementaire, qui fera la lumière sur ce scandale français », souligne Eric Fottorino dans le numéro du Un paru mercredi, qui consacre une longue enquête à Presstalis.

Une plainte pour « faux bilan »

Le SAEP, syndicat représentant des petits éditeurs de presse indépendants, a indiqué à l’AFP avoir déposé mardi des recours auprès de la Cour d'appel de Paris contre les mesures exceptionnelles pour sauver Presstalis récemment décidées par le Conseil supérieur des messageries de presse (CSMP) et validées par l’Autorité de régulation de la distribution de la presse (ARDP). Des éditeurs membres du SAEP ont porté plainte auprès du parquet de Paris en mars pour « faux bilan » contre la Coopérative de distribution des magazines, principal actionnaire de Presstalis.

Le sénateur PS David Assouline, soutenu par trois associations de diffuseurs et d’éditeurs, avait déjà suggéré en février l’ouverture d’une enquête parlementaire sur la situation de Presstalis.

Vers la suppression d'un quart des effectifs?

La dirigeante du distributeur, Michèle Benbunan, a présenté en février le premier volet d’un plan de sauvegarde de l’emploi, qui pourrait entraîner la suppression de 200 à 300 postes, soit jusqu’au quart des effectifs (1.200 personnes au total en incluant les dépositaires).

Pour financer cette restructuration, qui devrait également inclure des cessions d’activités, et permettre le redressement financier de l’entreprise, les journaux et magazines vont devoir verser à Presstalis 2,25 % de leurs recettes durant cinq ans, parmi les mesures exceptionnelles récemment actées par le CSMP et l’ARDP. L’Etat va, quant à lui, prêter 90 millions d’euros.