Le magazine Ebdo en crise, seulement trois mois après son lancement

JOURNALISME Alors que sort ce vendredi le dixième numéro, le nombre d’abonnés stagne à 8.000…

20 Minutes avec AFP

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Le journal vise 70.000 abonnés et 20.000 ventes en kiosque fin 2019 pour atteindre l'équilibre financier.
Le journal vise 70.000 abonnés et 20.000 ventes en kiosque fin 2019 pour atteindre l'équilibre financier. — 20 Minutes

Trois mois après son lancement, le magazine Ebdo fait face à de graves incertitudes financières. Entre des ventes moins importantes qu’escompté et le retrait d’un de ses principaux investisseurs, l’avenir de l’organe de presse apparaît incertain. Pourtant son lancement avait été une réussite. Les fondateurs avaient obtenu 409 000 € et 5959 pré-abonnements via une campagne de finacement participative.

Mais alors que sort ce vendredi le dixième numéro, le nombre d’abonnés stagne à 8.000 et les ventes au numéro sont tombées « entre 8.000 à 10 000 », a expliqué son cofondateur, Laurent Beccaria, au journal Libération. Soit moins de 20.000 exemplaires au total, alors que le journal vise 70.000 abonnés et 20.000 ventes en kiosque fin 2019. Une nécessité pour atteindre l’équilibre financier.

La fuite d’un investisseur important

Surtout, Ebdo a surpris, et ce dès son cinquième numéro, avec sa Une sur Nicolas Hulot. Très critiqué, l’article révélait que le ministre de la Transition écologique avait fait l’objet d’une plainte pour viol en 2008, classée sans suite pour cause de prescription, et spéculant sur un cas de harcèlement sexuel sur une ex-collaboratrice, bien que l’intéressée ait elle-même démenti.

Nicolas Hulot a porté plainte pour diffamation et cette affaire a surtout fait fuir un investisseur individuel qui devait mettre de l’argent dans le journal, explique Libération. Suite au retrait de ce dernier, une augmentation de capital de deux millions d’euros à laquelle devaient souscrire huit personnes morales a été annulée. Les crédits bancaires de quatre millions d’euros sur lesquels les fondateurs du journal comptaient n’ont pas été débloqués.

« Nous sommes à la croisée des chemins »

« Nous sommes à la croisée des chemins », a reconnu Laurent Beccaria dans Libération. « On se bat. On explore toutes les pistes pour sauver le meilleur de ce journal. On refait le business plan depuis un mois. Les hypothèses économiques ont pris une autre figure. On doit retravailler l’ensemble de l’équation économique », a expliqué Laurent Beccaria, qui dirige également les éditions des Arènes.

La société Rollin Publications, qui édite Ebdo mais aussi les revues XXI et 6Mois, dispose d’un million d’euros de réserve, générée par les succès de ses autres revues et la campagne de financement participatif ayant précédé la sortie d’Ebdo.