Françoise Nyssen réfléchit à une présidence commune pour tout l'audiovisuel public

OPTION La ministre de la culture Françoise Nyssen propose que France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI…) aient une présidence commune...

C.B.

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La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, le  23 janvier 2018.  / AFP PHOTO / Eric FEFERBERG
La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, le 23 janvier 2018. / AFP PHOTO / Eric FEFERBERG — AFP

Une présidence commune pour France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI…), c’est ce que souhaiterait la ministre de la Culture Françoise Nyssen. Nos confrères du Monde l’ont révélé ce samedi, d’après les révélations de « sources proches du dossier ». La ministre envisagerait même de placer l’Institut national de l’audiovisuel (INA) sous cette même direction.

Des collaborations plus fréquentes

Cette volonté d’avoir une seule présidence, ça veut dire quoi ? Pour l’instant, les trois sociétés d’audiovisuel public ont, chacune, un président. Celui-ci serait remplacé par un directeur général, qui serait sous le contrôle d’un président non exécutif unique, ce qui faciliterait la collaboration entre les différents médias.

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Le rapprochement entre les sociétés s’est d’abord matérialisé avec la création, en 2016, de Franceinfo, qui même la télévision, la radio et le numérique. Les chaînes locales de France 3 et France Bleu devraient également se regrouper, et d’autres projets, notamment numériques, devraient suivre.

Une fusion controversée

Dans les médias concernés, les présidents s’opposent à la réforme voulue par le gouvernement. Pour eux, elle serait beaucoup trop lourde. Pour le prouver, à l’été 2017, Delphine Ernotte, Mathieu Gallet et Marie-Christine Saragosse ont cité en exemple les rapprochements difficiles entre France 2, France 3, etc. et entre la chaîne France 24 et la radio RFI. Ils affirment également qu’une fusion serait coûteuse à court terme, car il faudrait aligner les statuts des personnels de Radio France sur ceux de France Télévisions, mieux rémunérés.

Depuis, Mathieu Gallet a été révoqué après sa condamnation pour favoritisme et Marie-Christine Saragosse a vu son mandat annulé pour ne pas avoir fait sa déclaration de patrimoine dans les délais. Il manque donc deux dirigeants, puisque le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) leur cherche toujours des remplaçants, pour mener une réflexion conjointe. Face à cette situation inédite, les syndicats ont exprimé leur inquiétude et alerté le gouvernement contre la déstabilisation de l’audiovisuel public. Les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars.