A la saison du mercato se joue un grand air de pipeau

Anne Kerloc'h - ©2008 20 minutes

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Rumeurs, démentis, confidences et « no comment ». Les piapias sur le mercato des animateurs télé ont repris cette année leur délicieux bruit de fond, avec un peu d'avance.

Pour résumer les dernières infos, Laurence Ferrari serait courtisée par TF1 (son ancien employeur). Laurent Ruquier va arrêter sa quotidienne sur France 2. Il serait remplacé par... on ne sait qui. Stéphane Bern. Ou Marc-Olivier Fogiel. Oui, mais... Marc Olivier Fogiel (qui a confirmé à 20 Minutes avoir été contacté par France 2) voudrait rester sur M6, peut-être pour une nouvelle émission. Selon son attachée de presse, « il aimerait se détacher du talk au sens large pour se recentrer sur son métier de journaliste, faire plus d'actu ». Comme un JT ? Hop ! Les spéculations repartent.

Mais pourquoi tant de mousse médiatique pour des annonces qui n'en sont pas vraiment ? « C'est de la com ! explique Christian Blachas, directeur de CB News. D'abord, c'est une guerre psychologique, pour faire monter et descendre les prix des animateurs. Ensuite, les chaînes se positionnent, envoient des messages positifs aux milieux publicitaires et financiers afin de leur montrer qu'elles innovent, réfléchissent à une stratégie. C'est crucial, car elles dépendent de la manne publicitaire et le marché de la pub télé ne va pas bien. »

Quant à l'audience des hertziennes, elle n'est pas plus folichonne, notamment du fait de la concurrence de la TNT. « On ne s'attendait pas à ce qu'elle baisse de manière aussi violente cette année, souligne Philippe Nouchi, directeur des études audiovisuelles de Zénithoptimédia. Dans ce contexte, les chaînes doivent montrer qu'elles bougent. » En sachant que l'effet papillonnant du buzz a intérêt à être suivi de chiffres plus terre à terre. « On travaille sur du concret, du rationnel : l'audience ! C'est en fonction d'elle qu'on programme des campagnes, note un responsable de régie publicitaire. Le buzz peut contribuer à une meilleure image. Mais si l'audience n'est pas au rendez-vous... » La jolie saison des piapias n'a qu'un temps.