Radio France: Mathieu Gallet va tenter de sauver son poste de PDG face au CSA

MEDIAS Mathieu Gallet va tenter ce lundi de convaincre les « sages » que sa récente condamnation pour favoritisme ne l’empêche pas de diriger le groupe de radios publiques…

20 Minutes avec AFP

— 

Mathieu Gallet, PDG de Radio France, en 2016.
Mathieu Gallet, PDG de Radio France, en 2016. — MARTIN BUREAU / AFP

Dur lundi pour Mathieu Gallet. Le PDG de Radio France va tenter de sauver son poste face au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) qui décidera mercredi de le démettre ou non de ses fonctions. Le gouvernement souhaiterait son départ depuis qu’il a été condamné pour favoritisme lorsqu’il dirigeait l’Institut national de l’audiovisuel.

>> A lire aussi : Le CSA engage une «procédure» pouvant conduire à l'éviction du PDG de Radio France Mathieu Gallet

Mathieu Gallet devait être auditionné à huis clos à 11h par sept « sages » au siège parisien du CSA. En 2014, au même endroit, celui qui était alors dirigeant de l’INA avait fait sensation lors d’un grand oral. Il avait réussi à convaincre ses membres de le nommer à l’unanimité à la tête du premier groupe français de radio.

Quatre ans plus tard, les cartes sont redistribuées et le jeune quadragénaire va tenter de démontrer que sa condamnation à un an de prison avec sursis et une amende de 20.000 euros, pour favoritisme, ne l’empêche pas de diriger Radio France, financée en très grande partie par la redevance audiovisuelle.

Un bon bilan

Ses partisans font valoir, outre qu’il a fait appel de sa condamnation, son bilan solide depuis qu’il est à ce poste. Selon les derniers chiffres de Médiamétrie, Radio France n’a en effet jamais rassemblé autant d’auditeurs : près de 14.8 millions de Français se branchent quotidiennement sur l’une de ses radios (France Inter, franceinfo, France Bleu, France Culture, France Musique, FIP, Mouv'…). Le groupe prévoit également son retour à l’équilibre cette année, grâce notamment à des réductions d’effectifs menées depuis 2015.

Cependant, la ministre de la Culture Françoise Nyssen a jugé le maintien de Mathieu Gallet « inacceptable », au nom d’un devoir « d’exemplarité » des dirigeants d’entreprises publiques, et l’a appelé à « tirer les conséquences » de sa condamnation, tout comme le CSA. Ce désaveu pourrait peser dans la décision du Conseil.