Le CSA engage une «procédure» pouvant conduire à l'éviction du PDG de Radio France Mathieu Gallet

MEDIAS Le PDG de Radio France a été condamné à un an de prison avec sursis pour « favoritisme » lorsqu'il dirigeait l'INA, entre 2010 et 2014...

20 Minutes avec AFP

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Le PDG de Radio France Mathieu Gallet en octobre 2014.
Le PDG de Radio France Mathieu Gallet en octobre 2014. — VINCENT WARTNER/SIPA

Le CSA, qui a le pouvoir de nommer et de révoquer les dirigeants de l’audiovisuel public, a annoncé ce mercredi qu’il engageait une « procédure » pouvant mener à l’éviction du PDG de Radio France Mathieu Gallet, condamné pour favoritisme lorsqu’il dirigeait l’INA.

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Dans un communiqué, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a indiqué avoir « décidé de mettre en œuvre » un dispositif pouvant aboutir au retrait du mandat du patron de Radio France, ajoutant qu’au terme de cette démarche, « sa décision interviendra le plus rapidement possible dans le respect du contradictoire et notamment après la communication du jugement rendu à l’égard » de Mathieu Gallet.

La ministre de la Culture juge la situation « inacceptable »

Mathieu Gallet a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Créteil à un an de prison avec sursis et à une amende de 20.000 euros pour « favoritisme » lorsqu’il dirigeait l’INA, entre 2010 et 2014. Il a fait appel.

Concrètement, la procédure ouverte par le CSA s’appuie sur l’article 47-5 de la loi « Léotard » de 1986, qui lui donne le pouvoir de révoquer les dirigeants du service public audiovisuel, « par décision motivée ». Cette disposition avait été instaurée en 2013, lorsque le CSA s’était vu confier le pouvoir de nomination de ces mêmes dirigeants.

« Ce n’est pas une situation acceptable »

Mardi, la ministre de la Culture Françoise Nyssen avait appelé Mathieu Gallet et le CSA à «tirer les conséquences» de sa condamnation.

« Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable », avait estimé Françoise Nyssen, après avoir rappelé la veille que « la loi en vigueur donne aujourd’hui au seul Conseil supérieur de l’audiovisuel le pouvoir de nommer et de défaire les mandats des dirigeants des sociétés de l’audiovisuel public ».