La chaîne publique russe RT se plaint d'être rejetée par l'Elysée

PRESSE Les journalistes de la chaîne en français se sont vu refuser l’accréditation par la présidence française deux fois en une semaine...

L.B. avec AFP

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RT France Illustration
RT France Illustration — Francois Mori/AP/SIPA Ville : Paris Pays : FRA

Le groupe de télévision public russe RT s’est plaint lundi d’être rejeté par l’Elysée. Selon lui, les journalistes de sa chaîne en français s’étaient vu refuser l’accréditation par la présidence française deux fois en une semaine.

Cette déclaration intervient alors que les médias russes RT et Sputnik se trouvent depuis plusieurs mois dans le collimateur des autorités françaises, le président Emmanuel Macron les ayant accusés en mai de s’être comportés en « organes d’influence […] et de propagande mensongère » pendant la campagne présidentielle française.

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« Le service de presse de l’Elysée a cessé de répondre aux appels »

« L’Elysée a refusé l’accréditation à nos journalistes deux fois en une semaine », a indiqué la rédactrice en chef de RT, Margarita Simonian, dans un communiqué publié sur le site de la chaîne. Lundi matin, un journaliste de RT France, chaîne lancée en décembre, est arrivé à l’Elysée pour assister à un briefing du porte-parole de la présidence française, mais s’est vu refuser l’accès, selon le communiqué.

« Quand j’ai dit que je travaillais pour RT, on m’a répondu que je n’étais pas journaliste et que l’accès était réservé uniquement aux journalistes », a assuré cet employé de RT France, en précisant avoir bien présenté sa carte de presse. Une situation similaire a eu lieu à Rome le 10 janvier lorsque l'« équipe du président français n’a pas donné l’autorisation à RT d’assister au sommet » des dirigeants de sept pays du sud de l’Union européenne, selon la chaîne.

« La demande d’accréditation a été acceptée, mais à l’arrivée de notre équipe en Italie, le service de presse de l’Elysée a cessé de répondre aux appels de nos journalistes », affirme RT.

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Le projet de loi contre les « fake news » critiqué

« Je conseille au président Macron […] de relire attentivement la Constitution française », s’indigne Margarita Simonian en appelant le président français à « défendre la liberté de la presse ». Pour sa part, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a critiqué lundi le projet de loi contre les « fake news » que Emmanuel Macron a évoqué début janvier dans une allusion voilée à RT et Sputnik.

Les « fake news » ne seront « définies que par un seul parti, sans discussion, sans preuve, en faisant fi de tout argument », a estimé Sergueï Lavrov.