Mediapart répond à la une de «Charlie Hebdo»

MEDIAS Le site d'infos apporte son soutien à «Charlie Hebdo» et au droit à la caricature, mais rappelle que «cette liberté ne donne pas licence pour désinformer et calomnier»...

V. J.

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Edwy Plenel, président de Mediapart, le 2 novembre 2014 à Paris
Edwy Plenel, président de Mediapart, le 2 novembre 2014 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

En kiosque ce mercredi, le dernier numéro de Charlie Hebdo fait sa une sur le journaliste Edwy Plenel, cofondateur et président du site d’infos Mediapart. Le dessin, signé Coco, reprend les singes de la sagesse (« Ne pas voir, ne pas entendre, ne pas dire ») et titre : « Affaire Ramadan, Mediapart révèle : "On ne savait pas" ».

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« Cette liberté ne donne pas licence pour désinformer et calomnier »

Plusieurs journalistes, et Edwy Plenel lui-même, avaient déjà réagi à cette une sur les réseaux sociaux, mais la Société des journalistes de Mediapart s’est fendue d’une réponse, sous forme d’une tribune. Elle revient d’abord sur les menaces et messages de haine à l’encontre du journal satirique, à la suite de sa une sur Tariq Ramadan, que le site juge « inacceptables » : « La rédaction et toute l’équipe de Mediapart affirment leur soutien sans faille et renouvellent leur solidarité à l’égard de l’équipe de Charlie Hebdo. La liberté de la presse et la liberté d’expression par les caricatures ne sont pas négociables. » Mais, car il y a un « mais », « cette liberté ne donne pas licence pour désinformer et calomnier ».

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« Faux et infamant »

Pour Mediapart, Charlie Hebdo a le droit de publier sa caricature d’Edwy Plenel, mais ce qu’elle affirme - d’avoir couvert des viols - est « faux et infamant ». Le site explique que lors d’une série d’articles qu’elle a consacrés à Tariq Ramadan en avril 2016, « la rédaction n’a jamais eu connaissance de la moindre accusation de harcèlement, d’agression sexuelle, ni de viol. Si cela avait été le cas, nous aurions bien sûr enquêté à leur sujet. »

En conclusion, Mediapart rappelle qu’il traite éditorialement les accusations portées à l’encontre de l’islamologue et qu’il serait dramatique que la libération de la parole sur les violences sexuelles se transforme en simple affaire Ramadan, et ridicule que celle-ci devienne une affaire Mediapart.