Une sur Bertrand Cantat: «Les Inrocks» répondent à leurs lecteurs

LETTRE La une du 11 octobre des « Inrocks » consacrée à l’ex-leader de Noir Désir, Bertrand Cantat, pour son premier disque solo à paraître « Amor Fati » a créé la polémique…

L.B.

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Bertrand Cantat en concert aux Eurockéennes de Belfort, en juillet 2012.
Bertrand Cantat en concert aux Eurockéennes de Belfort, en juillet 2012. — POL EMILE/SIPA

La une du 11 octobre des Inrocks consacrée à l’ex-leader de Noir Désir, Bertrand Cantat, pour son premier disque solo à paraître, Amor Fati, a créé la polémique. Elle a été fustigée par Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, par l’ancienne ministre du Droit des femmes Laurence Rossignol et plusieurs actrices. Près d’une semaine après, le magazine Les Inrocks  publie une lettre à ses lecteurs.

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« Ce journal s’est toujours battu contre le sexisme »

« L’ampleur et la gravité de l’affaire Harvey Weinstein, qui a explosé parallèlement à la sortie du magazine, est venue rappeler à quel point il existait, plus que jamais, un système d’oppression masculine dont la société ne veut plus, écrit le magazine culturel. Ce journal s’est toujours battu contre les violences envers les femmes, contre le sexisme et pour l’égalité entre les sexes. Ceci est une évidence. »

Alors comment expliquer le choix de cette une ? Les Inrocks tentent une explication à cette « schizophrénie », invoquant le métier de journaliste et l’importance de questionner les zones d’ombre. « L’histoire de Bertrand Cantat fait partie de celle des Inrockuptibles, depuis les années 1980. Noir Désir a été l’un des groupes qui ont construit l’identité de ce journal, à tel point que nous lui avions confié, en 1997, les rênes d’un numéro dont il était rédacteur en chef invité. Et c’est pour cela que nous nous sommes sentis légitimes, en 2013 déjà, à redonner la parole à Bertrand Cantat pour la toute première fois », peut-on lire.

Huit ans de prison

Et le magazine d’exprimer ses « sincères regrets » à ceux qui se sont sentis blessés, affirmant toutefois que « le retour de Bertrand Cantat à la musique en fut un ». « Les débats qui, la semaine passée, se sont fait jour, nous motivent aussi et surtout à poursuivre dans ces colonnes notre lutte contre les violences faites aux femmes », conclut la lettre.

De son côté, Elle a choisi de dédier l’édito de son prochain numéro à Marie Trintignant, morte sous les coups de Bertrand Cantat en 2003. Le chanteur avait été condamné à huit ans de prison pour homicide.