L’audiovisuel public en grève mardi contre la baisse des crédits

MOBILISATION Les organisations syndicales ont prévu à partir de 13h une manifestation devant l’Assemblée nationale…

L.Be. avec AFP

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Illustration France Télévisions
Illustration France Télévisions — SOLAL/SIPA

Les principaux syndicats de France Télévisions ont lancé un appel à la grève ce mardi qui devrait être très suivi, une action à laquelle s’est associée la CGT de Radio France, pour protester contre la baisse des crédits prévue par le gouvernement. Les organisations syndicales ont prévu à partir de 13h une manifestation devant l’ Assemblée nationale où débute l’examen du projet de loi de finances 2018.

Cette mobilisation fait suite à l’annonce d’une baisse pour l’an prochain du budget de l’audiovisuel public, en particulier celui de France Télévisions, avec une réduction de 50 millions d’euros par rapport au contrat d’objectifs et de moyens (COM) signé par le groupe avec l’ancien gouvernement.

Un plan d’économies drastiques déploré

Un amendement voté en commission la semaine dernière a prévu d’atténuer cette coupe de 20 millions d’euros, un « coup de pouce en trompe l’œil » selon la CGT de France Télévisions, qui déplore « le plan d’économies drastiques frappant une entreprise déjà exsangue, contrainte de voir disparaître 500 postes d’ici 2020 par le non-remplacement d’un départ en retraite sur deux ».

L’élu FO de France Télé Eric Vial a indiqué de son côté que les salariés réunis lundi en assemblée générale « ont unanimement décidé d’aller à la grève demain », dans une vidéo postée sur la page Facebook de l’organisation syndicale. « Chaque fois qu’il y a eu des économies demandées à France Télévisions, ce sont des efforts fournis par les personnels : 350 emplois sous l’ère Pflimlin, 320 emplois sous l’ère Carolis et là ce sera forcément des emplois supprimés sous l’ère de notre présidente Ernotte », regrette-t-il.

France Télévisions employait en 2015 environ 9.750 équivalents temps plein.

Plus de 1.000 postes menacés

A l’appel signé FO, CGT et CFDT-Médias, syndicats les plus importants au sein du groupe, s’est ajouté celui du SNJ qui « adresse un carton rouge à la fois à un gouvernement qui nous prend par surprise et à une présidence dont l’action, depuis deux ans, est plus que contestable ». La CGT de Radio France a également lancé un préavis de grève pour mardi et appelé à manifester devant l’Assemblée nationale dénonçant « une attaque en règle contre l’audiovisuel public ».

Outre les 50 millions de réductions pour France Télévisions, sont prévues des coupes de 25 millions pour Radio France, 5 millions pour Arte et pour l’Ina, 1,9 million pour France Medias Monde.

« Cette décision menace plus de 1.000 postes sur tout l’audiovisuel public » déplore le syndicat.