VIDEO. Décès de Hugh Hefner: Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur «Playboy» sans jamais oser le demander

PRESSE A la suite du décès de Hugh Hefner, «20 Minutes» a effeuillé les plus belles pages de l'histoire du magazine de charme...

Anne Demoulin
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La Une de l'édition du soixantièrme anniversaire de «Playboy» avec Kate Moss.
La Une de l'édition du soixantièrme anniversaire de «Playboy» avec Kate Moss. — Instagram.com/Mertalas/M E R T & M A R C U S
  • Le fondateur du magazine Playboy, Hugh Hefner, est décédé mercredi à l’âge de 91 ans.
  • Le premier numéro du magazine est sorti en décembre 1953.
  • Un magazine qui a joué un rôle important dans la révolution sexuelle aux Etats-Unis, mais aussi hors des frontières américaines.

Les Bunnies sont en deuil. Le fondateur du magazine de charme Playboy, Hugh Hefner, est décédé ce mercredi à l’âge de 91 ans, dans sa villa de Los Angeles, la fameuse Playboy Mansion. Un magazine qui a joué un rôle important dans la révolution sexuelle aux Etats-Unis, mais aussi hors des frontières américaines. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Playboy sans jamais oser le demander.

Un différent de 5 dollars pour un empire de 758 millions de dollars

En 1953, le jeune Hugh Hefner travaille comme rédacteur en chef du magazine masculin Esquire à Chicago. Il est payé 60 dollars par semaine. Lorsque le magazine déménage à New York, Hugh Hefner demande une augmentation de cinq dollars qui lui est refusée. Furieux, il claque la porte et décide de lancer son propre magazine, Playboy, avec pour tout capital 3.000 dollars et un budget de lancement réduit (600 dollars d’apport personnel et 8.000 dollars d’actions cédées à des amis).

Hugh Hefner bricole le premier numéro dans sa cuisine, un mensuel destiné à la gent masculine, un habile cocktail d’articles sur la mode, l’art de vivre, et last, but not least, de photos de jolies femmes dénudées.

Tiré à 51.000 exemplaires, ce premier numéro n’est pas daté, Hefner était persuadé qu’il n’y aurait pas de numéro 2. Mais Playboy fait un tabac et se vend à 50.000 exemplaires ! Un an plus tard, les ventes du magazine de Hugh Hefner dépassent celles d’Esquire. A l’occasion du 25e anniversaire de Playboy à la Tavern on the Green, à Central Park, le directeur d’Esquire, beau joueur, offrira à Hugh Hefner, un billet de cinq dollars, désormais accroché à l’un des murs de la Game House, dépendance de la Playboy Mansion. Playboy se déclinant en éditions internationales, Hefner était devenu très riche, sa fortune était estimée à 758 millions de dollars en 2008.

Marilyn Monroe, première Playmate

Le premier numéro de Playboy est sorti en kiosque en décembre 1953 au prix de 50 cents. (Un exemplaire en bon état du premier numéro de Playboy est estimé à 10.000 dollars). En couverture, la première Playmate, Marilyn Monroe, alors appelée « Sweetheart of the Month » n’est pas nue, mais vêtue d’une robe noire et d’un large sourire.

Juste au-dessus d’elle, il est inscrit : « Entertainment for men » soit « divertissement pour hommes ». Et à côté : « Pour la première fois dans un magazine, en couleur, les fameux nus de Marilyn ». A l’intérieur du magazine, les photos de l’actrice posant pour le fameux calendrier shooté par Tom Kelly, et acquises par Hefner pour 500 dollars.

Après Marilyn Monroe, de nombreuses célébrités ont posé pour le célèbre magazine comme Betty Page, Pamela Anderson, Naomi Campbell, Britney Spears, Kate Moss ou encore Cindy Crawford.

Un chaud lapin

Le deuxième numéro de Playboy sort en janvier 1954, avec Jayne Mansfield en couverture et pour la première fois, le fameux logo. Ce profil stylisé de lapin portant un nœud papillon de smoking a été dessiné par l’artiste Art Paul. Il est apparu depuis sur la couverture de chaque numéro du magazine. Le lapin se cachait sur la couverture et les lecteurs jouaient à le retrouver.

Si le symbole de la marque Playboy est connu mondialement, il y a débat sur sa signification. Dans son livre, The Playboy book : Fourty years, Hugh Hefner explique qu’il a choisi le lapin comme mascotte pour sa « connotation sexuelle humoristique ». Le petit rongeur à la sexualité exacerbée a remplacé au dernier moment le premier choix de Hugh Hefner, un cerf à grands bois.

Dans les années 1960, le logo de la marque, signe reconnaissable par tous, est popularisé par les Bunnies, les serveuses des clubs Playboy, qui portaient un uniforme très sexy – qui fut le premier uniforme enregistré au Bureau des brevets et marques américains soit dit en passant – composé d’un corset noir en satin, d’oreilles et d’un pompon de lapin, d’un col avec un nœud papillon noir, de manchettes, de collants noirs et de talon hauts. « Parce que c’est plus sexy ainsi que topless… », expliquait Victor Lownes, directeur des ventes de Playboy à l’époque. Aujourd’hui, tout le monde est capable d’identifier le lapin Playboy, signe d’une réussite évidente.

Martin Luther King dans « Playboy »

Le succès de Playboy ne repose pas que sur des jolies filles dénudées, mais tient aussi à une ligne éditoriale soignée. « Mon père a vécu une vie exceptionnelle, en tant que pionnier des médias et de la culture et comme porte-parole de certains des mouvements culturels et sociaux les plus significatifs de notre époque, en se faisant notamment le défenseur de la liberté d’expression, de la liberté sexuelle et des droits civiques », a déclaré son fils Cooper Hefner, directeur artistique de Playboy Enterprise’s, la maison mère du groupe Playboy. Dans chaque numéro de Playboy, un grand entretien avec une personnalité. Martin Luther King, Malcolm X, Jimmy Carter, John Lennon et Yoko Ono ou encore le fondateur du parti nazi américain George Lincoln Rockwell se sont ainsi exprimés dans le magazine.

Dans les pages de Playboy, des collaborateurs de renom aussi comme les auteurs de Human Sexual Response, un best-seller aux Etats-Unis, Bill Masters et Virginia Johnson, qui ont inspiré la série Masters of Sex. Le magazine a également publié des nouvelles de très belles plumes comme Ian Fleming, le père de James Bond, Vladimir Nabokov, le créateur de Lolita ou encore Margaret Atwood, l’auteure de The Handmaid’s Tale, le roman qui a inspiré la série qui a tout raflé aux Emmy Awards.