Un syndicat accuse la direction de l'AFP d'avoir étouffé l'affaire Ferrand

PRESSE Selon le syndicat SNJ-CGT de l’agence, l'affaire Ferrand aurait pu être révélée par l'AFP...

L.B.

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Richard Ferrand, à la sortie du Conseil des ministres, le 31 mai 2017.
Richard Ferrand, à la sortie du Conseil des ministres, le 31 mai 2017. — CHAMUSSY/SIPA

L’AFP a-t-elle étouffé des « informations gênantes pour le pouvoir » ? Selon le syndicat SNJ-CGT de l’agence, l’affaire Ferrand sortie par le Canard enchaîné le 24 mai aurait pu être révélée par l’AFP. « Des journalistes de l’Agence étaient en effet en possession des informations, mais la rédaction en chef France n’a pas jugé le sujet digne d’intérêt », indique le communiqué diffusé ce jeudi.

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« La rédaction en chef a demandé des précisions »

« Qu’un possible scoop sur une affaire politico-financière impliquant le numéro deux du nouveau parti au pouvoir ne soit pas jugé intéressant, voilà qui est troublant. Surtout après les affaires Fillon et Le Roux qui ont émaillé la campagne présidentielle, et alors que le nouveau président Emmanuel Macron affirme vouloir moraliser la vie politique », poursuit le syndicat qui affirme aussi avoir obtenu le témoignage exclusif d’un avocat mettant en cause ce proche d’Emmanuel Macron avant Le Parisien.

La directrice de l’information, Michèle Léridon, dément auprès du Monde. « Je me suis procuré tous les échanges, la rédaction en chef n’a pas étouffé l’affaire mais demandé des précisions, ce qui est normal car la fiabilité est le plus important », précise-t-elle. Un journaliste, par ailleurs délégué syndical d’une autre formation, explique au quotidien que « les journalistes et la hiérarchie avaient des doutes ». Et d’expliquer que l’AFP se doit d’aller plus loin que le Canard enchaîné, « notamment dans la sollicitation des personnes mises en cause ».