Mathias Depardon: Ma détention en Turquie est «un message assez fort aux journalistes»

PRESSE Le photojournaliste français a été libéré vendredi après un mois de captivité en Turquie...

N. Se. avec AFP

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Le photojournaliste Mathias Depardon, aux côtés de Christophe Deloire, à la tête de Reporters sans frontières, s'adresse pour la première fois aux médias après son retour en France le 9 juin 2017.
Le photojournaliste Mathias Depardon, aux côtés de Christophe Deloire, à la tête de Reporters sans frontières, s'adresse pour la première fois aux médias après son retour en France le 9 juin 2017. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Souriant mais l’air visiblement fatigué, le photojournaliste français Mathias Depardon, détenu pendant un mois en Turquie, est de retour en France depuis vendredi soir. Dans ses premières déclarations à la presse, il a estimé qu’Ankara avait voulu adresser « un message assez fort » aux reporters souhaitant se rendre dans le sud-est du pays.

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Arrêté le 8 mai, le photographe, dont l’avion s’est posé peu après 22h à l’aéroport de Roissy, s’est dit « heureux d’être à Paris, d’être en France ». « Je vais très bien », a-t-il assuré devant les nombreux journalistes présents. Mathias Depardon s’était auparavant entretenu par téléphone avec le président de la République, Emmanuel Macron, qui avait annoncé son retour en France dans la soirée sur Twitter. Il a été accueilli par le directeur de cabinet de l’Elysée, Patrick Strzoda, et le conseiller diplomatique Philippe Etienne.

Le journaliste est revenu sur les accusations portées à son encontre par la Turquie. « J’ai été accusé de propagande terroriste et d’aide et soutien à des groupes terroristes, à savoir le PKK, (Parti des travailleurs du Kurdistan, séparatistes kurdes) suite à des images que j’avais faites ces dernières années, dont je ne cachais pas l’existence ». Pour lui, l’intention de la Turquie était claire. « Je pense que l’idée était d’envoyer un message assez fort auprès des journalistes étrangers et turcs qui ont pour but de faire des sujets dans le sud-est de la Turquie », a-t-il dit.

Concernant sa détention, il raconte, « ce qui est compliqué, c’est qu’on ne sait pas combien de temps on va rester en détention (…) Je savais que légalement je pouvais être détenu jusqu’à un an », précisant qu’il avait eu « très peu de contacts, voire aucun, avec les autres détenus ». L’expulsion de Mathias Depardon survient au lendemain d’une visite de sa mère dans le centre de rétention de Gaziantep où il avait été transféré un mois auparavant. Emmanuel Macron avait demandé le 3 juin à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan le retour « le plus vite possible » dans son pays de Mathias Depardon, qui faisait l’objet d’un ordre d’expulsion depuis le 11 mai.