« L'affaire Ben Barka » ajoute des précautions à la fiction

Anne Kerloc'h - ©2008 20 minutes

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Mehdi Ben Barka va mourir ce soir. Du moins son double de tragédie, interprété dans un contre-emploi en équilibre parfait par Atmen Kelif. Comme hier, sur France 2, la deuxième partie du téléfilm sur la vie et la mort de cet opposant marocain enlevé à Paris dans les années 1960 sera précédée d'un message de précaution. « On le fait pour toutes les fictions proches du réel », précise la productrice Joëy Faré. Initialement calé à la fin, l'avertissement, remanié, a remonté à la surface à la demande de la famille de Ben Barka, une instruction étant toujours en cours, et des thèses s'opposant sur le déroulé des faits.

Le film le montre frappé à mort, puis plongé dans une cuve d'acide. « Une façon d'insister sur la violence extrême faite à cet homme », souligne le réalisateur Jean-Pierre Sinapi. « L'affaire Ben Barka » permet aussi de redéployer la stature de l'homme dans l'histoire. « Pour les moins de 50 ans, son nom n'évoque presque rien, mais il était un leader tiermondiste charismatique. S'il avait survécu, le monde aurait sans doute été différent. »