1,2 milliard d'euros à trouver pour combler le manque à gagner à France Télévisions

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France 2 va proposer aux candidats PS à l'investiture pour la présidentielle de participer à un grand débat télévisé, début octobre, où chacun répondra "successivement" aux questions posées sur des sujets d'actualité.
France 2 va proposer aux candidats PS à l'investiture pour la présidentielle de participer à un grand débat télévisé, début octobre, où chacun répondra "successivement" aux questions posées sur des sujets d'actualité. — Jean Ayissi AFP/Archives

Fin de la coupure pub sur l’audiovisuel public. Ni sur les chaînes de France Télévisions (France 2, 3 5 et France O), comme l’a souhaité le chef de l’Etat, ni à Radio France (France inter, France info, France bleu, France Culture, FIP, Le Mouv’), comme l’a précisé mercredi la ministre de la Culture. «L’ensemble de l’audiovisuel public et la radio évidemment, ne (doit) pas (être) soumis à la dictature de l’audimat, même si l’impératif de l’audience demeure», a expliqué Christine Albanel.

Jean-Paul Cluzel, PDG de Radio France, s’était déjà réjoui, en début d’année, d’une moindre dépendance de la publicité, rappelant qu’elle ne constituait que 8% environ des ressources du groupe, avec 45 millions de recettes publicitaires prévues pour 2008.

Selon la ministre, le gouvernement «fera tout» pour que la loi sur la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public soit votée «avant l’été».

Où trouver 1,2 milliard d’euros?

D’ici là, une question reste en suspens: comment pallier le manque à gagner jusque-là apporté par les revenus publicitaires? Nicolas Sarkozy a suggéré l’idée d’une taxe sur les nouveaux moyens de communication (Internet et téléphonie mobile) aux contours flous et dont on ne sait pas encore si elle suffirait à combler le trou budgétaire occasionné à France Télévisions et Radio France. Le gouvernement parlait de 800 millions d’euros à combler chez France Télévisions, mais d’après une source interne chez Carat, agence spécialisée dans la publicité, jointe par 20minutes.fr, il pourrait s’agir de 1,2 milliard d’euros, soit 400 millions de plus. Pourquoi une telle différence? C’est le coût de remplacement des cases de pub laissées vacantes par des programmes, soit environ trois heures quotidiennes.

Christine Albanel a néanmoins précisé que France Télévisions pourrait continuer à faire du parrainage publicitaire (comme le fait Darty avant la météo) et du placement de produit (lorsque l’on voit une bouteille de soda dans un téléfilm par exemple).

Surveiller la suite

«Surprise» que la suppression de la publicité n’ait pas figuré dans le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy, la Société des Réalisateurs français (SRF) appelle ainsi à la mise en place d’un «comité de vigilance sur l’avenir du service public» pour veiller à ce que «l’annonce du Président de la République (ne) préfigure (pas) une privatisation partielle du service public auprès de Bolloré ou Lagardère» et qu’il n’y ait pas de «bradage du bien public.»
Selon «Le Canard enchaîné», Patrick de Carolis aurait confié de son côté à la régie publicitaire de son groupe: «ne croyez pas que le pouvoir politique souhaite nous brimer. Il souhaite simplement favoriser nos concurrents. Et c’est cela qui nous pénalise.» Parmi ses concurrents, TF1 pourrait être la première chaîne à voir arriver un surcroît d’annonceurs en son giron et voir, par ricochet, son cours monter en bourse. Comme cela a déjà été le cas à la minute même de l’annonce de Nicolas Sarkozy.

Christine Albanel a, quant à elle, annoncé la mise en place d’un forum de discussion sur le site web de son ministère, pour que les téléspectateurs de France Télévisions donnent leur avis sur le futur de ce qu’elle espère être une «télévision publique renouvelée, ambitieuse et innovante, à la fois populaire et de qualité.»