Présidentielle: De nombreux journalistes se révoltent contre «l’entrave à la liberté d’informer» mise en place par le Front National

LIBERTÉ DE LA PRESSE Plusieurs journalistes qui s'étaient vus interdire l’accès à des événements où se rendait Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle, ont signé ce vendredi une pétition...

M.G

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Marine Le Pen en campagne, 27 avril 2017
Marine Le Pen en campagne, 27 avril 2017 — Jean-Paul Bonincontro/AP/SIPA

Journalistes triés sur le volet, envoyés à de mauvaises adresses ou expulsés de meetings… Couvrir la campagne présidentielle de Marine Le Pen est extrêmement difficile pour la presse, c’est pourquoi un grand nombre de journalistes et médias se sont alliés afin de signer une pétition contre cet acte.

Une importante entrave à la liberté d’information

En France, la liberté d’information se traduit par la liberté d’expression des journalistes et la liberté de réception des lecteurs ou téléspectateurs. Et la divulgation maximale est la norme. En choisissant les médias dans lesquels le FN sera présent, le parti d’extrême droite entrave donc des principes fondamentaux assortis de garanties légales françaises et européennes.

Une situation inacceptable pour les professionnels de l’information. Yann Barthès s’était déjà prononcé en refusant de recevoir la candidate frontiste dans Quotidien en mars. Le présentateur avait déclaré qu’il était « hors de question de recevoir des leaders qui nous boycottent depuis des années et qui refusent de nous parler. »

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Une trentaine de médias signataires

Aujourd’hui à travers cette pétition, pas moins de 29 médias, parmi lesquels l’Agence France Presse, Les Echos, Le Figaro, France 2, Médiapart, Le Monde, L’Obs, Libération, L’Humanité, TF1, Télérama et bien d’autres, s’opposent à la décision du FN de choisir les journalistes qui auraient le droit d’interviewer les différents représentants du parti. La pétition est claire, elle affirme que les différents médias « ont vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front national. »

Elle précise ensuite qu’il ne s’agit pas d’un recours contre la pratique du « pool » journalistique (qui consiste à partager les images et informations à différents médias) mais bien d’interdictions individuelles.

La pétition énonce qu’il n’appartient pas à « une formation politique quelle qu’elle soit de décider des médias habilités à exercer leur rôle démocratique » et poursuit en déclarant que ces derniers protesteront de la manière la plus ferme qui soit.