Présidentielle: Pourquoi les candidats préfèrent Snapchat aux médias traditionnels

MEDIAS Depuis quelques jours, les candidats à l’élection présidentielle répondent à des internautes sur l’application Snapchat…

Mathilde Groulard
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Capture des interviews de François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Benoît Hamon sur Snapchat
Capture des interviews de François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Benoît Hamon sur Snapchat — Captures Snapchat

Macron, Le Pen, Fillon, Hamon… Ils vont tous y passer. Autrefois, innocent moyen de communication entre potes, Snapchat s’intéresse désormais à la politique au travers de son onglet « discover » et a interviewé les principaux candidats à l’élection présidentielle. Alors que les rapports sont tendus entre les candidats et les médias traditionnels, Snapchat a réussi à détendre les aspirants présidents de la République.

Pourquoi un candidat demande à connaître par avance les questions d’un grand quotidien national et accepte de se poser avec un filtre « yeux de chat » ? Pourquoi un candidat fait lanterner les plus grandes chaînes télés pour une éventuelle interview et accepte de poser avec le filtre « lunettes hippies » ?

Elémentaire mon cher… Pour parler aux « jeunes »

Environ trois quarts des 18-24 ne s’étaient pas rendus aux urnes lors des régionales de 2 015. Bien que l’élection présidentielle n’entraîne pas un taux d’abstention si élevé, intéresser les plus jeunes électeurs est un enjeu majeur de la campagne. Et quel meilleur moyen que de tenter de leur parler « sans filtre » ou avec filtre d’ailleurs ?

La spécialiste en stratégies de communication politique Virginie Spies rappelle qu’aujourd’hui les plus jeunes ne sont plus sur Facebook : « Ils sont sur Snapchat et Twitter donc il faut aller là où ils sont pour leur parler ». Si tous les candidats possèdent évidemment un compte Twitter, seuls certains ont un compte Snapchat.

Si les médias traditionnels tels que CNN ou en France Le Monde se sont associés à Snapchat afin d’apparaître dans la fonction discover de l’application, les politiques ont préféré répondre directement au compte Snapchat lui-même. La défiance…

Mais alors, pourquoi les politiques refusent-ils de se rendre dans des émissions qui cartonnent chez le jeune public, telle que « Touche pas à mon poste » ?

Premièrement, les politiques seront plus facilement tournés en ridicule dans des émissions en direct, qu’ils ne maîtrisent pas. Et s’ils participent parfois à des émissions mêlant divertissement et politique, comme C à vous sur France 5, ils quittent le plus souvent le plateau quand débute la partie plus légère de l’émission.

Avec un média tel que Snapchat, les candidats peuvent appliquer leur stratégie de communication, et ils disposent d’une grande liberté. Virginie Spies confirme : « Sur Snapchat, ils peuvent sélectionner les questions auxquelles ils répondent et la façon dont ils vont le faire ».

Les internautes posent moins de questions qui fâchent que les journalistes, et n’ont pas l’opportunité de relancer le candidat après sa réponse, c’est donc tout bénéf pour les politiques. Pour Virginie Spies, ce dispositif est idéal pour les candidats qui peuvent y dire la même chose que dans leurs discours, mais de façon différente et multiplier ainsi leur portée.