Triplement étoilé, le restaurant de Christian Le Squer se fait dézinguer par un critique anglais

GASTRONOMIE Jay Rayner, chroniqueur du « Guardian » a écrit que son déjeuner était la « pire expérience » de sa carrière de critique…

F.R.

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Christian Le Squer dans les cuisines du Cinq, le restaurant de l'hôtel George-V à Paris (c'est un montage : il ne cuisine pas vraiment une tête de troll).
Christian Le Squer dans les cuisines du Cinq, le restaurant de l'hôtel George-V à Paris (c'est un montage : il ne cuisine pas vraiment une tête de troll). — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Encore un sale coup de la perfide Albion. Jay Rayner, critique gastronomique britannique, a sévèrement assaisonné Le Cinq de Christian Le Squer, triplement étoilé au Michelin 2016 et gratifié d’un 19/20 dans le dernier Gault & Millau. Dans les colonnes du Guardian, il écrit que son passage dans le restaurant de l’hôtel George-V a été sa « pire expérience » en dix-huit années d’exercice.

« Comme manger un préservatif »

Le gratiné d’oignons est « noir comme un cauchemar et collant comme le sol d’une boom d’ados », décrit l’Anglais, tandis que la femme qui l’accompagne compare la dégustation d’un amuse-bouche au gingembre au fait de « manger un préservatif abandonné dans un coin poussiéreux chez le marchand de légumes ». Un plat que le critique présente lui-même comme « un implant mammaire de la taille d’une Barbie ».

Jay Rayner s’est aussi demandé si « des peaux mortes d’une victime de brûlures » (en réalité des lamelles de peau de lait) n’étaient pas tombées dans son dessert chocolaté… Son verdict est donc sans appel : le déjeuner ne valait pas les 600 euros dépensés sur place. « Si je m’y emploie vraiment, peut être qu’un jour je pourrais oublier [les mauvais souvenirs] » laissés par cette expérience, cingle le gastronome.

« Des Parisiens me disent d’aller manger des fish and chips »

Evidemment, cette chronique n’est pas passée inaperçue de ce côté de la Manche. « Je commence à recevoir des mails de Parisiens m’enjoignant à aller manger des fish and chips », a écrit Jay Rayner sur Twitter. Il a par ailleurs enfoncé le clou en publiant, sur son blog, les photos qu’il a lui-même pris des plats « à la manière d’un expert sur une scène de crime ».

Christian Le Squer, lui, n’a pas réagi officiellement. Mais un proche du chef a glissé à BFM TV : « [Jay Rayner] vient se payer l’institution française par excellence, c’est un peu du French-bashing, du riche-bashing. C’est du divertissement. » Il n’en demeure pas moins que le Breton a été sacré « meilleur chef de l’année 2016 » par ses pairs.