Nordpresse, le Gorafi belge créé par un «journaliste raté»

WEB Le site belge qui allie humour et provocations ne compte pas que des amis…

Fabien Randanne

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Quelque uns des sujets publiés par Nordpresse en mars 2017.
Quelque uns des sujets publiés par Nordpresse en mars 2017. — Capture d'écran Nordpresse

Nordpresse est souvent présenté comme une sorte de version belge du Gorafi. A la différence près que le site parodique français fait dans l’humour potache alors que son homologue d’outre-Quiévrain verse parfois volontiers dans le mauvais goût et la provocation. Il n’hésite pas par exemple à annoncer que « Johnny fera un cancer d’adieu au Stade de France » ou à commenter une photo d’un homme tombant dans le vide après l’attentat au World Trade Center avec cette phrase : « Un funambule meurt en passant au Wi-Fi. »

Ce mardi, Nordpresse assure avoir piégé Le Parisien sur le soutien qu’accorderait Manuel Valls à Emmanuel Macron. Un canular qui, jusqu’à preuve du contraire, a été inventé de toutes pièces. Mais le mal est fait, nombreux sont les internautes qui pensent ce mardi que le quotidien français a mordu à l’hameçon du site belge.

« Emmerder le monde »

Pourquoi ? Vincent Flibustier – il s’agit d’un pseudonyme –, qui a créé Nordpresse en 2014, a confié au Bruxelles Bondy Blog qu’il a « toujours bien aimé emmerder le monde ». Dans le même média, le trublion de 26 ans se définit lui-même comme « un genre de journaliste raté qui est bien content de ne pas être journaliste ». « Ce qui me motive, c’est de me moquer d’une certaine presse qui ne se gêne pas pour faire des articles vraiment bas de plafond, simplement pour faire du clic », affirmait-il à la RTBF il y a trois ans.

« Il est détestable et se prend pour le chevalier blanc de la presse », avance un reporter belge joint par 20 Minutes. La cible préférée de Nordpresse n’est autre que… Sudpresse, la filiale du groupe Rossel (par ailleurs l’un des actionnaires de 20 Minutes). Tous deux ont pris l’habitude de se donner rendez-vous à la barre du tribunal. En novembre, le site parodique était ainsi accusé d’avoir divulgué des informations personnelles, dont la photo et la ville de résidence d’un journaliste de Sudpresse qui avait signé un article sur la répartition des musulmans sur le territoire belge.

>> A lire aussi : Piégée, Christine Boutin veut porter plainte contre Nordpresse le cousin belge du Gorafi

Quelques mois plus tôt, les rigolos du Web avaient fait la même chose avec une reporter de Sudpresse car elle avait dévoilé l’adresse du père d’un des djihadistes impliqué dans l’attentat au Bataclan. Nordpresse a aussi été l’instigateur de poursuites : il a ainsi porté plainte au pénal contre Sudpresse dont l’une des publications, La Meuse, avait titré : « Invasion de migrants – La côte belge menacée ».

Des plaintes de Christine Boutin et Jean-Marie Le Pen

Nordpresse fait également des vagues de ce côté-ci de la frontière. Christine Boutin a ainsi poursuivi le site pour diffamation. Il lui faisait dire que « les enfants victimes d’attouchements par des prêtres devaient eux aussi être punis ».

En janvier, dans un Facebook live, Vincent Flibustier se réjouissait d’échapper à une mise en examen alors que Jean-Marie Le Pen avait déposé plainte pour diffamation. Un article de Nordpresse écrivait que le fondateur du FN avait déclaré : « Une bombe atomique sur l’Afrique, et fini les morts en Méditerranée ! »

Quand il n’est pas au tribunal ou devant son ordinateur, Vincent Flibustier est chroniqueur dans C’est presque du sérieux, sur La Prem1ère. Un confrère glisse que « son rêve, c’est de faire un one-man-show. » Une bonne nouvelle pour l’humour belge ?