Soutien de Valls à Macron: «Le Parisien» dément avoir été piégé par «Nordpresse»

MEDIAS Le site parodique belge affirme que « Le Parisien » a été victime d’un de ses canulars mais rien n’est moins sûr…

Fabien Randanne

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Manuel Valls et Emmanuel Macron, le 14 juillet 2016, en marge du défilé sur les Champs Elysées.
Manuel Valls et Emmanuel Macron, le 14 juillet 2016, en marge du défilé sur les Champs Elysées. — DOMINIQUE FAGET / AFP

Lundi soir, Le Parisien publie un article signé Nathalie Schuck affirmant que Manuel Valls s’apprête à appeler à voter pour Emmanuel Macron. La journaliste s’appuie sur des « sources concordantes » et cite un ex-pilier de la campagne de l’ancien Premier ministre à la primaire de la gauche assurant qu’« il parlera avant le 23 avril [date du premier tour de la présidentielle] ».

Peu après la mise en ligne du papier, Carlos da Silva, bras droit de Manuel Valls dément cette information tout en précisant qu’une réunion est bien prévue ce mardi. Celle-ci se tiendra à huis clos à l’Assemblée nationale avec ses proches divisés sur la question d’un éventuel soutien à Emmanuel Macron.

Peu après minuit, Nordpresse un site belge souvent comparé au site parodique Le Gorafi s’exprime sur Facebook : « Coucou les journalistes du Parisien. On a réussi à vous piéger sur le soutien de Valls à Macron avec de faux e-mails. Beau travail de journalistes. Bisous. »

Etienne Baldit, journaliste politique duLab d’Europe 1 demande dans la foulée des preuves de ce canular. Ce à quoi le compte Nordpresse répond sur Twitter : « Suis dans un bus aux USA avec 1 % de batterie. Article sera posté ce soir heure USA. »

Contacté par 20 Minutes, Vincent Flibustier – il s’agit d’un pseudonyme – le créateur de Nordpresse, se trouverait effectivement en Amérique du Nord actuellement. « Je n’ai plus accès à mon PC avec les mails ici vu qu’ils ont été envoyés de deux adresses bidons », avance-t-il. Il raconte qu’il a adressé au Parisien deux e-mails avec des adresses de proches de Manuel Valls dont il aurait modifié légèrement les noms, « histoire de ne pas vraiment faire de l’usurpation d’identité ». « Les mails datent de quinze jours, maintenant, je ne pige pas trop d’où ça sort. J’imagine qu’après ils [les journalistes du Parisien] ont commencé à appeler tous les soutiens pour savoir et que l’un d’eux a fait de l’affabulation… », suggère Vincent Flibustier.

Il n’empêche, ce mardi, aucun article prouvant que le site belge a effectivement piégé Le Parisien et comment il s’y serait pris n’a encore été mis en ligne. Et aucune preuve matérielle concrète n’a été présentée.

« Le Parisien » maintient toutes ses informations

Frédéric Vezard, le directeur des rédactions du Parisien et Aujourd’hui en France assure ce mardi matin que le quotidien « maintient l’intégralité des informations parues » et souligne que l’article « est le fruit d’une enquête de Nathalie Schuck auprès de sources recoupées » et qu'« aucun mail n’est à l’origine » de ce papier. Autrement dit, même s'ils existent, les éventuels faux courriels adressés par Vincent Flibustier n'auraient à aucun moment été pris en compte.

Muriel Pleynet, rédactrice en chef du service politique du journal confirme : « Soyons clairs, les journalistes du service politique du Parisien ne reprennent pas les infos d’un site parodique. »

En résumé : rien ne permet pour le moment d’affirmer que Nordpresse a réellement tendu un piège au Parisien. Il n’empêche, de nombreux followers et abonnés du site parodique belge croient désormais qu’il y a bel et bien eu un canular. Le mal est fait.