Attentats: Le Conseil d'Etat rejette le recours d'Europe 1 contre la mise en demeure du CSA

EUROPE 1 Lors des attentats de janvier 2015, le CSA avait mis en demeure plusieurs médias dont Europe 1, qui avait contesté cette décision…

Manon Aublanc

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Des policiers devant l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 9 janvier 2015.
Des policiers devant l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 9 janvier 2015. — Francois Mori/AP/SIPA

Le Conseil d’Etat a annoncé, ce vendredi, la confirmation de la mise en demeure d’Europe 1 par le CSA. Le gendarme de l’audiovisuel reprochait à la radio, comme à d’autres médias, son traitement de  l’assaut mené le 9 janvier 2015 par les forces de l’ordre à Dammartin-en-Goële.

Plusieurs médias, même raison

Il y a tout juste deux ans, le 11 février 2015, quelques jours après les attentats, le CSA avait sanctionné Europe 1. La radio du groupe Lagardère avait annoncé à l’antenne que l’assaut avait été donné contre les frères Kouachi à l’imprimerie de Dammartin-en-Goële, alors qu’au même moment, Amedy Coulibaly était toujours retranché avec des otages, dans l’Hyper Cacher.

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Comme pour BFM TV, TF1, France 2, RTL ou encore France Inter, mis en demeure pour les mêmes raisons, le CSA avait estimé que « la divulgation de cette information aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour les otages de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes ».

Le Conseil d’Etat va dans le sens du CSA

A l’inverse d’Europe 1, les autres médias s’étaient pliés à la mise en demeure imposée par le CSA. La radio du groupe Lagardère, elle, avait contesté la décision du gendarme de l’audiovisuel, estimant « avoir pris un soin constant de ne divulguer aucune information qui puisse mettre en danger la vie des otages ». Europe 1 avait alors déposé un recours auprès du Conseil d’Etat pour annuler la mise en demeure.

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La plus haute juridiction administrative de France vient donc confirmer la décision des « Sages », arguant que la radio avait « manqué à ses obligations en diffusant des informations sur l’assaut mené à Dammartin-en-Goële à un moment où le terroriste présent dans le magasin Hyper Cacher de Vincennes, (…) avait menacé d’exécuter les otages qu’il détenait, si les autres terroristes n’étaient pas libérés ».