Albanel signe l'arrêt de mort du poste à l'ancienne

RADIO La ministre de la Culture et de la Communication a paraphé un arrêté qui choisit le numérique...

Raphaëlle Baillot

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Il sera bientôt temps de jeter votre transistor. Et sans scrupule, car «Noël 2008 sera celui de la radio numérique», promet Christine Albanel. Mercredi, la ministre de la Culture et de la Communication a paraphé un arrêté sur le choix définitif de la norme de diffusion. La dernière ligne droite avant le lancement de ce signal compatible avec plus d'appareils (lecteurs MP3, téléphones mobiles, etc). «Il fallait faire cette révolution, sinon le média radio était en danger de mort», souligne Axel Duroux, PDG de RTL. «La radio sera plus vivante, ce qui devrait attirer de nombreux jeunes qui ont délaissé ce média», renchérit Rachid Arhab, conseiller du CSA. Alors, quelle radio demain ?

· 5 sur 5 Outre un meilleur son sans friture, l'abandon de l'analogique permettra à l'auditeur de s'affranchir des fréquences : il suffira de chercher nominativement sa station. «L'avantage pour nous, c'est que nous aurons à terme une couverture nationale», explique aussi Axel Duroux de RTL.

· Auditeur maître des ondes «Pause, retour en arrière d'un programme en direct, écoute différée», Christine Albanel égrène les fonctionnalités. En voiture, lieu d'écoute par excellence, fini le flash d'info trafic qui s'invite sans gêne sur votre morceau préféré. Avec le numérique, l'auditeur va chercher les prévisions quand il veut. «Renault et Peugeot travaillent déjà sur les autoradios», sourit Axel Duroux.

· Bonus Les récepteurs avec écran prodigueront des données supplémentaires: pochette du disque qui passe, photo de l'animatrice de l'émission entendue... « Imaginez un reportage sur les accords d'Annapolis sur Info, s'amuse Jean-Paul Cluzel, président de Radio France. Bientôt, vous aurez une carte du Proche-Orient, une courte biographie des signataires, etc. Les possibilités sont infinies. »

· Stations à foison? «Je ne crois pas en l'arrivée massive de concurrents, car le marché pub saturerait», martèle Axel Duroux. «Radio France ne prévoit pas de lancements», renchérit Cluzel. Pourtant, le premier a lancé RTL-L'Equipe et RTL Autre­ment sur le Web, «en vue du numérique», et le deuxième caresserait l'idée d'une station pour ados. Les cartes stratégiques ne sont pas encore abattues.