Carolis, prof d'économie chez France Télévisions

R. Baillot - ©2007 20 minutes

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La traversée 2008 s'annonce studieuse pour France Télévisions, qui connaîtra de grandes réformes stratégiques, deux ans avant la fin du mandat de Patrick de Carolis. « Notre groupe est un merveilleux paquebot que nous devons apprendre à commander comme un hors-bord », glisse le président avec son sens de la formule habituel.

L'objectif est simple, la holding publique doit se serrer la ceinture. Pour cela, elle assouplirait son organisation avec le « statut unique ». Des directions communes entre chaînes, comme aux sports aujourd'hui, ou des systèmes de filières essaimeraient. En gros, les collaborateurs de France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô travailleraient ensemble par branche. Les unités jeunesse, la production, les achats, les études, les finances, les ressources humaines, l'informatique et les « moyens techniques de l'information » sont concernés. Avec à la clé, « quelques dizaines de millions d'euros » économisés.

« A elle seule, la réorganisation de la filière production nous ferait gagner 7 millions en deux ans », espère Patrick de Carolis. Car la quête de deniers se mue en casse-tête pour le groupe. Son capitaine a obtenu de l'Etat une augmentation annuelle de 3 % de budget jusqu'en 2010, mais pas de pub dans les jeux, ni de hausse de la redevance. Pour ne rien arranger, des dépenses techniques impondérables (sous-titrage étendu, passage au tout numérique) grignoteront le « biscuit des 3 % ». Côté pub, ce n'est pas Noël non plus : les recettes suivent la courbe descendante des audiences, mises à mal par la montée de la TNT. C'est le cas chez toutes les antennes historiques : en novembre, TF1 a connu la première vague mensuelle sous les 30 % d'audience moyenne de son histoire ! A France Télé, reste les difficultés sociales induites par de tels objectifs, qui seront soumis aux comités d'entreprise à partir du 11 décembre. Prudent, Patrick de Carolis a banni le mot « fusion » de son lexique : « Nous ne faisons que nous adapter au nouveau monde de la télé. Des métiers disparaissent, d'autres naissent, comme sur le Net. Mais c'est avec les partenaires sociaux que nous définirons lesquels. Si nous ne parlons pas de départs massifs comme à la BBC, c'est parce que France Télévisions est bien gérée. »